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Mardi 15 novembre 2005
Le Libéria est un petit pays. Un confetti même au regard de la taille de l’Afrique. Pourtant, un événement historique, d’une portée dépassant largement ses frontières vient d’avoir lieu : l’élection de Ellen Johnson-Sirleaf’s à la tête du pays. Soit la première femme démocratiquement élue à la présidence d’un pays africain. Du jamais vu. Une victoire donc à saluer. Et qui représente un espoir sans précédent. Il est évident qu’une amélioration du sort de nombre de pays d’Afrique, donc de leurs habitants, passe désormais par l’élection de femme à leur tête. Les femmes représentent sans aucun doute l’avenir de l’Afrique. Il est grand temps de promouvoir l’engagement politique féminin et, plus que tout, favoriser leur désignation, leur élection à des postes clés et à fortes responsabilités. Il est grand temps de féminiser le paysage politique africain. De cette féminisation, l’avenir de l’Afrique dépend étroitement. Les femmes sont fortes de qualités et d’une sensibilité dont l’Afrique a un besoin vital. Les femmes sont moins égoïstes, portent moins en elles cette fascination pour le pouvoir et ses dérives coûteuses pour les peuples. Les femmes se préoccupent davantage du bien public, du sort collectif, et, en particulier, celui des femmes. Pourquoi ? Parce qu’elle connaissent la vie, extrêmement difficile, pénible même, menée par leur semblable pour l’avoir vécu. Une femme élue sera plus à même de comprendre les douleurs et les souffrances des femmes et donc plus soucieuse d’y répondre rapidement.

Cette élection représente un formidable espoir. Pour la femme africaine. Pour le continent africain. Ellen Johnson-Sirleaf’s a fait le plus difficile. Il lui reste le plus dur. Redressé un pays qui sort d’une guerre terrible qui a provoque la mort de plus de deux cent mille personnes. Une des guerres les plus effroyables au cours de ces dernières années. C’est dire donc le défi qui l’attend. Mais, Elle Johnson-Sirleafs’ a compris, d’entrée, qu’elle ne pourra réussir qu’à la condition d’avoir l’entier soutien du pays. D’où sa main immédiatement tendue à son malheureux adversaire George Weah, footballeur de renommée mondiale. C’est de leur intérêt de travailler main dans la main afin de faire oublier, du mieux qu’ils peuvent, ces haines qui ont déchiré le peuple, dévasté le Libéria. Construire en commun un avenir signe de paix et de prospérité, telle est la mission qui attend désormais les deux protagonistes. Ce serait tout à leur honneur s’ils parvenaient à cette union. Et, par ailleurs, un nouveau signe d’espoir adressé au continent africain, en particulier au pays en proie à la division et à la guerre, et de confiance à la communauté internationale qui, parfois, malgré elle, doute de la capacité de l’Afrique à se sortir de la misère, de la pauvreté et de ses affrontements meurtriers.

Par rossard
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Mardi 22 novembre 2005
Il y a donc de la haine dans notre pays. Il y a la haine de la société. Une haine qui couvait. Une haine qui s’est violemment lâchée. Comment a-t-on semé ainsi de la haine dans notre pays ? Comment cette graine a-t-elle ainsi poussé pour parvenir à cette situation explosive ? Comment, en France, au début du XXIème siècle, la haine a-t-elle pu devenir le dénominateur commun à toute une génération et le ciment d’une identité ? La haine, un mot qui fait froid dans le dos. En effet, sa manifestation constitue toujours l’ultime étape avant l’affrontement violent, en l’occurrence, une guerre civile. Avoir la haine c’est fondamentalement détester l’autre, refuser sa présence, ce qu’il représente, rejeter ses différences. La haine est souvent le prélude à des lendemains plus tragiques si elle avance sans résistance.

Mais, au fait de quelle haine parle-t-on ?

Comment peut-on avoir la haine de l’école, vecteur fondamentale de l’intégration avec l’éducation des parents ? Comment peut-on avoir à 15, 16 ans voire plus jeune la haine de l’école, de ses instituteurs ? Comment peut-on à 15, 16 ans voire plus avoir l’envie de battre son instituteur ou professeur alors que justement il est là pour vous enseigner l’indispensable à savoir pour obtenir les meilleures chances d’intégration ? Comment peut-on avoir la haine des forces de l’ordre dont la mission est de protéger les vulnérables ? Comment peut-on avoir la haine des pompiers et des ambulanciers dont leur raison d’être est de sauver des vies ? Comment peut-on avoir cette haine ? Cette haine n’est pas justifiée et encore moins justifiable. Une haine totalement « illégitime » pour reprendre le philosophe Alain Finkielkraut dans une interview donnée au quotidien Le Figaro dans son édition du 15 novembre dernier.

Certes, tout n’a pas été pour le mieux pour ces jeunes de banlieues défavorisées. Mais encore faut-il faire preuve d’un minimum d’honnêteté. A entendre les jeunes, la société et les pouvoirs publics n’ont jamais rien fait pour eux. A les entendre, les jeunes vivent donc dans des zones dépourvues de toutes infrastructures, de toutes écoles, de tous équipements sportifs, culturels et de divertissement. Bref, à les entendre, ils vivent au milieu de nulle part au cœur de l’Afrique et non en France. Les médias ont, par ailleurs, fidèles à leur malhonnêteté, copieusement abondé dans ce sens.

Comment peut-on accepter une telle version des faits alors que la réalité est tout autre. Certes, les politiques des villes qui se sont succédées depuis trente ans n’ont pas été à la hauteur des enjeux. Cependant, beaucoup a été fait aussi pour ces banlieues en termes de cadre de vie, d’urbanisme et d’infrastructures écolières, culturelles et sportives. Mais bien sûr ce n’est pas en détruisant, en incendiant ces mêmes équipements qu’on se donne les meilleurs moyens d’une intégration réussie. Pourquoi cette obstination unanime à regarder le verre à moitié vide et non à moitié plein ? Le problème est que le verre est désormais entièrement vide : de manque de moyens, ce que dénonçaient les jeunes en colère, des villes se retrouvent réellement sans moyens.

La haine de la société qui délaisse a bon dos. Il y a une part de vrai. Mais, seulement, une part. Il n’y pas de vie facile. Pour tout le monde. Quelque soit les conditions de naissance et la « fortune » de la vie. Ainsi, un jeune peut bénéficier d’un environnement familial de qualité et de moyens financiers colossaux pour se rendre dans les meilleures écoles et universités, ce n’est pas pour autant, si la volonté lui fait défaut, que tout lui réussira. Pourquoi ? Parce que si « l’argent ne fait pas le bonheur, il y contribue » comme disait Coluche. Il en va de même pour l’environnement, la famille et l’école. La clé ? Le travail ! Complètement dévalorisé voire déconsidéré en France au cours des dernières décennies. Réussir sa vie est avant tout une question de volonté. Pour réussir, ou que l’on soit et d’où que l’on soit, il faut avant tout compter sur soi-même. Il n’existe pas d’autres solutions.

Il est donc primordial d’encourager et de récompenser les meilleurs d’entre eux afin à la fois de reconnaître le volontarisme et de créer de l’émulation. Il ne s’agit pas de favoriser une élite mais de susciter un effet boule de neige, d’entraîner le plus grand nombre. C’est une des solutions, une des pistes à explorer avec rapidité et sérieusement pour remettre beaucoup de jeunes déboussolés sur le droit chemin et les assurer des meilleures chances de succès pour l’avenir.

Par rossard
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Mercredi 23 novembre 2005

La SNCF est en grève. Tenez comme c’est curieux ! Dire désormais que notre compagnie nationale des chemins de fer est en grève relève du pléonasme ; voire une lapalissade au regard de l’essaim de préavis déposé chaque année et de leur occurrence. Mais au fait, au nom de quoi cette fois ? A priori aucune raison sérieuse, aucun motif légitime. Enfin pour l’usager contribuable. Car, naturellement, les syndicats ont une foule de motifs : du plus rationnel, lutter contre une « privatisation rampante » mais qui semble-t-il n’existe que dans leurs cauchemars les plus fous car le ministre des transports a récemment démenti tout projet de ce type, au plus « loufoque », célébrer le dixième anniversaire des manifestations monstres de 1995.

Si la situation socio-économique n’était pas aussi grave, ce dernier argument prêterait franchement à sourire. Mais, l’heure est plutôt à la grimace. Surtout pour ces centaines de milliers de français une nouvelle fois scandaleusement pris en otage. Ce n’est vraiment pas le moment. Après les violences urbaines ou nombre de nos concitoyens ont vu leurs voitures incendiées ou commerce détruit, donc se volatiliser un capital en quelques minutes alors qu’il avait demandé des économies sur plusieurs années au prix d’un dur labeur, les voilà privés de travail ! Justement ce travail dont ils ont besoin plus que jamais pour se payer, entre autres, une nouvelle voiture, reconstruire leur boutique. Et, plus que tout, assurer le quotidien de leur famille.

Les syndicats de la SNCF sont complètement à côté de la plaque. Qu’ils aient des revendications, probable. Mais, il serait temps qu’ils se modernisent dans leur action. Et s’adaptent aux circonstances du pays, notamment au lendemain de ces terribles semaines qui ont secoué la population. Une attitude rigide et passéiste. Mais comment attendre des syndicats de la souplesse et de la flexibilité, deux termes qu’ils exècrent ?

Cette grève est une insulte à la France qui, chaque jour, se lève tôt, travaille dur, et vit dans l’incertitude du lendemain contrairement aux cheminots assurés de l’emploie à vie. Dans cette affaire, on souhaiterait que le gouvernement fasse preuve de la même fermeté face aux syndicats - et qu’ils leur rappellent certaines vérités - qu’il a affiché face aux émeutiers. Le gouvernement aurait sans aucun doute l’approbation d’une majorité de français las de ces grèves à répétition. Certes, les grévistes ne détruisent pas, ne saccagent pas. Matériellement parlant, entendons nous bien. Car d’un point de vue économique, les dommages seront énormes. Or, ni la SNCF confrontée à une dette colossale, ni la France en proie à des déficits abyssaux, n’ont les reins suffisamment solides pour encaisser ce nouveau coup porté à une croissance en pleine convalescence et dont son redressement est en train de se jouer.

Par rossard
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Lundi 28 novembre 2005

On apprend donc en lisant l’éditorial du journal Le Monde en date du 24 novembre 2005 « le rap à l’index » qu’en France, vaut mieux être chanteur de rap insultant et injuriant notre pays et son histoire qu’homme politique, représentant de la Nation et prêt à défendre son honneur. Ainsi, Le Monde critique l’initiative de François Grosdidier, député UMP de Moselle, soutenue par 153 députés et 40 sénateurs demandant au ministre de la justice, Pascal Clément, d'"envisager des poursuites" contre sept groupes de rap : 113, Smal, Ministère Amer, Lunatic et aux rappeurs Fabe, Salif et Monsieur R. Motif : ils propagent dans des cités la haine de la France et "le commerce du racisme". Le garde des sceaux a demandé au procureur général de Paris l'ouverture d'une enquête. Comment réagir autrement à la lecture de certaines paroles : "Quand j'vois la France, les jambes écartées j'l'encule sans huile. (...) J'rêve de loger dans la tête d'un flic une balle de G.L.OC.K.", profère le groupe Lunatic. "La France est une garce, n'oublie pas de la baiser jusqu'à l'épuiser", scande Monsieur R.

On apprend donc qu’un chanteur de rap qui tient des propos haineux sur notre pays, des paroles incitant à la haine raciale est tout juste « inacceptable ». Pas de condamnation. Ni même d’indignation. On apprend donc qu’il faut faire profil bas, courber l’échine. Il faut se laisser bafouer, humilier. Bref faire preuve de passivité. Au nom de la liberté à en croire Le Monde. C’est à peine si le journal ne nous invite pas à tendre l’autre joue. En tous cas, il ne faut surtout pas protester. Le Monde appelle ainsi l’initiative des parlementaires « prendre des libertés avec les libertés ».

Le Monde a besoin d’une piqûre de rappel. Ainsi, faut-il lui rappeler qu’une démocratie bien portante ne vit pas d’insultes et d’injures mais se nourrit de discussions et de débats ou chacun confrontent ses idées dans le respect mutuel.

On inverse aussi la charge de la culpabilité. Ce sont donc ces rappeurs agressifs qui sont dans leur droit et les représentants de la Nation dans le faux. Le journal condamne l’action de ces représentants mais comprend la haine des rappeurs. Où est la raison ? Où est le bon sens ? Où est la logique ? Nulle part. Attristant et affligeant.

Le journal Le Monde est donc complètement à côté de la plaque. La liberté de paroles n’est pas le droit d’insulter. Que l’on ne soit pas d’accord, que l’on exprime sa colère, que l’on conteste, c’est légitime. Et souvent utile. Mais insultez, proférer sa haine du pays c’est inadmissible. C’est oublier aussi qu’un destin se fait à deux. La société a certainement sa part de responsabilité dans l’échec et ses vies désoeuvrées des jeunes. Mais, ces derniers, sont tout aussi fautifs. Ce n’est pas en crachant son venin contre la société que l’on fait avancer sa propre vie. C’est au contraire en la prenant en main et en réfléchissant aux possibles.

Imaginez un instant que chanteur de rap, vivant ou que ce soit, vous injuriez de la même façon et avec la même haine, avec la même obscénité, avec la même insanité le pays ou vous vivez ou qui vous accueille. Selon vous, quelle serait sa réaction et celui de sa population ? Sa société vous ouvrirait-elle ses bras ? Pensez vous que votre réussiriez votre intégration ?

Autre exemple : imaginez que votre fille soit insultée, injuriée et qu’on remplace « France » dans ces chansons par le nom de votre fille, ce qui donnerait : "Quand j'vois votre fille, les jambes écartées j'l'encule sans huile » ou encore "Votre fille est une garce, n'oublie pas de la baiser jusqu'à l'épuiser". Comment réagiriez vous ? Conseillerez vous à votre fille traumatisée entrant à la maison de « tendre l’autre joue » ? De se taire ? De laisser faire ? Donc de se laisser humilier ? Certainement pas. Alors pourquoi se comporter différemment avec la France ? Le Monde écrit « il faut raison garder ». Le problème est que Le Monde, la raison, il l’a perdu. Donc avant d’appeler les autres à la garder, que le Monde se préoccupe de la retrouver, d’abord.

Par rossard
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