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Mardi 29 novembre 2005

Après Jospin, le retour de Juppé est ouvertement évoqué. Ces résurrections en série sont bien une singularité française. Dans les autres démocraties occidentales, quand un homme politique a mené à la défaite son parti où a commis des erreurs graves dans l’exercice de ses fonctions et sanctionnées par la justice, il disparaît définitivement de la circulation. Sauf en France ! Il s’éclipse mais ne disparaît pas !

Après le vrai faux retour sur la scène politique de Lionel Jospin, celui de plus en plus probable d’Alain Juppé, l’année prochaine, se précise. Tels le Sphinx, ils renaissent de leurs cendres. En l’occurrence, de leur « traversée du désert », en dépit parfois de « claques » électorales monumentales ou de scandales dont aucun se remettrait dans d’autres démocraties occidentales. Comment expliquer cette résistance au temps et à l’épreuve des faits ? Des feux mêmes ? Nos hommes politiques marcheraient-ils à la Duracel, d’où ce coté inépuisable ? Seraient-ils des humanoïdes, d’où cette force surhumaine face aux [terribles] coups de poing de la vie ? Là ou d’autres abandonnent par KO, nos hommes politiques se redressent et se reprennent même à rêver !

Ces résurrections en série constituent bien une singularité française. Dans les autres démocraties occidentales, généralement, quand un homme politique a mené à la défaite son parti où a commis des erreurs graves dans l’exercice de ses fonctions et sanctionnées par la justice, il disparaît définitivement de la circulation. Sauf en France ! Il s’éclipse mais ne disparaît pas ! Chassez-les par la porte, ils reviennent par la fenêtre !

Doit-on s’en réjouir ou s’en inquiéter ? Est-ce le signe de la bonne santé de notre démocratie ? En termes de qualité de débats probablement oui. Lionel Jospin et Alain Juppé ont toute leur place dans le débat politique. C’est le rôle de tout responsable politique. La pluralité des opinions est un des fondements de la démocratie. Plus elle est diverse, mieux la démocratie se porte.

Cependant, là où ces retours posent un problème, c’est en termes de dynamisme démocratique et de renouvellement du personnel politique. L’un n’allant pas sans l’autre. Surtout dans un monde marqué du sceau du changement permanent et à grande vitesse. Certes, après ces prises de distance – bien malgré eux - avec le pouvoir, ces « leaders » ont eu à loisir de réfléchir sur le monde et la France, de prendre le recul nécessaire pour aborder avec plus de sérénité, donc de discernement [encore faut-il l’espérer] les problèmes et les défis qui les attendent en cas d’élection au plus haut sommet de l’Etat. Recul qui, parfois, leur manquait dans la nécessité de prendre des décisions à chaud, dans le feu de l’action. Le temps pressure l’action politique. Donc si ces « retraits » leur ont permis d’ouvrir les yeux, corriger leur pensée et avoir une approche plus pragmatique de la réalité et des problématiques du moment tant mieux.

Mais, car il y a un mais. Même deux ! D’une part, l’autocritique est souvent la grande absente de leur discours et écrits. D’autre part, comment croire qu’ils seraient plus capables aujourd’hui qu’hier, justement, quand ils avaient à leur disposition tous les leviers, pour redresser la France ? Curieux. Il ne fait aucun doute que le rôle de conseilleur est toujours plus facile que celui de décideur.

Des retours qui nous laissent donc dubitatifs. Contribuent-ils à créer un regain d’intérêt chez nos concitoyens envers la politique ? Contribuent-ils à faire avancer comme disait Coluche le schmilblick ? Pardonnez-nous d’en douter sérieusement. En règle général, ces hommes n’ont pas changé fondamentalement leur façon de voir et de penser. Juste des ajustements. C’est là que le bât blesse : un travail intellectuel insuffisant face à l’ampleur de la tâche. Mais peut on se refaire après trente ans de « vie » politique ? Ce dont la France a besoin est un « lifting » radical et en profondeur de la politique à conduire afin de se sortir d’une crise dont elle ne voit pas le bout du tunnel. Non, ce n’est pas toujours dans les meilleurs pots que se font les meilleures soupes. Il y a des pots qui rouillent. Et qui donc laissent des goûts amers. Il en va de même avec l’esprit critique qui avec l’âge peut s’émousser, perdre de son acuité et être en déphasage avec « l’air du temps ». Diagnostiquer est une chose. Appliquer les remèdes qui s’imposent pour espérer remettre sur ses deux jambes le malade, en l’occurrence la France, en est une autre. Une volonté qui leur a fait défaut au pouvoir. Quelle assurance nous donnent-ils de l’avoir maintenant ?

Ces éventuels retours sont regrettables. Et semble-t-il rejetés à une écrasante majorité par les Français : selon un sondage IFOP-Journal du dimanche, réalisé les 20 et 21 octobre auprès de 1 006 personnes, 66 % des Français se déclarent hostiles à une candidature de M. Jospin en 2007. Normal. La vie humaine et toutes ses activités qui en découlent (économie, sport, arts, social…) sont soumis à une même et unique loi : celle de la succession des générations. Une passation de pouvoir qui est souvent la condition même de sa survie car c’est un gage de créativité et de dynamisme donc de renouveau. De renaissance pour emprunter au cycle de la Nature. Exception faite, en France, de la politique, royaume de la consécration de l’immuabilité de ses « acteurs ». Voilà pourquoi elle se fige, peine à avancer et, à la longue, se trouve en dissonance avec une population qui rajeunit et aux aspirations en évolution. Une dissonance, d’ailleurs, croissante.

Une dissonance croissante qui s’est déjà traduite par deux sommations : l’élimination au premier tour de Lionel Jospin à la présidentielle de 2002 et la sévère défaite du ‘oui’ au référendum du Traité constitutionnel européen en mai. Des sommations suffisamment graves pour les prendre au sérieux. Que faut-il donc de plus aux politiques pour enfin comprendre l’ampleur du divorce avec la population et qu’ils adoptent, en conséquence, une conduite en rupture avec le passé pour rétablir cette confiance entre eux et les citoyens ? Car, la troisième alerte risquerait d’être fatale à notre démocratie qui jusqu’à présent résiste mais ne plie pas. Non plus une sommation, mais une véritable déflagration. Une situation hors contrôle ou les hommes politiques n’auraient plus qu’à mesurer toute l’étendue de leur échec, de la catastrophe fruit de leur inconscience, de leur surdité, de leur aveuglement et de leur vanité mal placée.

Par rossard
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Mardi 29 novembre 2005
Lionel Jospin a déclaré qu’il ne sera pas candidat à la candidature socialiste pour les présidentielles 2007. Une excellente nouvelle. Enfin, la sagesse et la raison triomphent sur l’ego de l’homme politique. Et ce n’est pas rien dans notre pays. Donc bravo à Lionel Jospin. Il tient ainsi sa promesse de se retirer de la vie politique annoncée brutalement au lendemain de son élimination prématurée au premier tour de la course à l’Elysée en 2002.

Mais, ne soyons pas pour autant naïfs. Si Lionel Jospin n’assumera plus les premiers rôles sur la scène, on peut s’attendre de sa part à être particulièrement actif en coulisse. En l’occurrence, pour faire gagner son candidat préféré François Hollande. Lionel Jospin joue la carte de la légitimité. Celle de la candidature naturelle du premier secrétaire du Parti Socialiste.

Par ailleurs, il est fort probable qu’il sera rarement loin du candidat socialiste à la présidentielle 2007, avant et pendant la campagne. Et même après en cas de victoire ? Cependant, il ne faudrait pas qu’il fasse de l’ombre aux candidats actuellement en lice. Une présence et un rôle tout à fait légitime au regard de son expérience politique. Une expérience qui espérons-le soit bénéfique au PS et à ses leaders ou, en ce moment, les crocs en jambe, les peaux de bananes et les petites phrases assassines sont plus nombreux que les idées et les propositions intelligentes, autrement dit, digne d’intérêt, pour faire avancer la France.

Une décision donc qui nous rassure. Il n’y a plus qu’à espérer qu’elle inspire Alain Juppé dont son retour sur la scène politique national est régulièrement évoqué. Une véritable Arlésienne. On vous conseille à ce sujet de lire notre article « Au secours, ils reviennent ! ». Prions pour que la voix de la raison traverse l’océan atlantique et parvienne jusqu’au Canada ou Alain Juppé, en exil forcé pour cause d'ineligibilite d'un an, s’est réfugié. A moins qu’il ne se prenne pour le Général de Gaulle face à la situation dramatique de la France et les heures graves qu’elle a connu. Mais jusqu’ici aucun ‘appel aux français’. Pourvu que ça dure !

Par rossard
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Mercredi 30 novembre 2005

Ceux qui doutaient encore du réchauffement de la planète voilà deux études publiées par le journal Science dans son édition de jeudi 24 novembre à quelques jours de l'ouverture du sommet mondial de l'ONU consacré à l'environnement qui devraient définitivement les en convaincre.

Les résultats d’une enquête menée par l'équipe du géologue américain Kenneth Miller révèle que le niveau des océans a augmenté deux fois plus rapidement au cours des 150 dernières années que lors des cinq millénaires précédents – de deux millimètres par an contre un auparavant ! La moitié de cette hausse est naturelle. Autrement dit, elle est due aux périodes de glaciation et de réchauffement que connaît de façon cyclique la Terre. Cependant, l’autre moitié du phénomène est imputable aux activités humaines, c'est-à-dire à l'effet de serre résultant du rejet de dioxyde de carbone.

Des résultats qui ont exigé quinze ans de recherche. Les scientifiques ont analysé les marées et des données satellites, ainsi que cinq échantillons prélevés à 500 mètres de profondeur pour étudier des fossiles, des sédiments et diverses variations dans la composition chimique de la surface terrestre, ce qui leur a fourni des données sur les 100 millions d'années écoulées.

Côté gaz carbonique, le principal coupable du réchauffement climatique, le tableau est tout aussi sombre : leurs niveaux sont actuellement 27% plus élevés qu'à n'importe quel moment au cours des 650.000 dernières années, a déterminé une équipe de chercheurs internationaux dans une étude publiée toujours dans le journal Science. Une augmentation qui a coïncidé avec la révolution industrielle, en raison, notamment, de l'utilisation à grande échelle du charbon comme source d'énergie. Au cours des dernières décennies, le rythme s'est accéléré avec l'industrialisation de nombreux pays et la multiplication des automobiles.

Ces études, qui reposent sur l'analyse de carottes de glace extraites de l’Antarctique, mettent donc en évidence le rôle majeur de l'homme dans les récentes modifications du climat de la planète. Des études qui sont le fruit d’une véritable prouesse technique car ces forages sur glaces sont les plus profonds réalisés jusqu’ici. Mais aussi, humaine au regard des conditions extrêmes : blizzards et températures moyennes de l'ordre de -54°C étaient le quotidien des chercheurs !

Par rossard
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Jeudi 1 décembre 2005

Mauvaise nouvelle pour la liberté et les droits de l’homme, de la femme en l’occurrence, dans le monde. Mauvaise nouvelle pour Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix 1991 : la junte militaire birmane vient de proroger de six mois son assignation à résidence. Aung San Suu Kyi dirigeante de la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND), le parti de l’opposition, est privée de liberté depuis mai 2003. Des prolongations qui se succèdent. Sans fin. La précédente, en novembre 2004, était de 12 mois. Au total, la dirigeante de l'opposition birmane a été privée de liberté pendant 10 des 16 dernières années !

Il est clair que le régime militaire birman n’a aucune intention de rendre la liberté à Aung San Suu Kyi. En dépit de déclarations récentes. En liberté, elle représenterait une menace pour la stabilité de leur régime autoritaire et tyrannique. Comme sa large victoire de son parti lors des élections législatives en 1990 avait mis en déroute les militaires au pouvoir depuis 1962.

Le peuple birman est sous le joug d’un régime qui viole au quotidien les droits de l’homme et bafoue le respect des droits des minorités. Un régime dans la ligne de mire des Nations Unies car le 18 novembre dernier, son Assemblée générale a adopté une résolution, déposée par l'Union européenne, exprimant une "grave préoccupation" devant "les violations systématiques des droits de l'Homme en Birmanie" dont souffrent notamment "les minorités ethniques, les femmes et les enfants".

Le combat donc continue. Une rapide remise en liberté passe certainement par une intensification de la pression internationale. Mais c’est la Birmanie. La communauté internationale n’a pas le même empressement ou ne ressent pas la même urgence qu’avec le Koweit ou l’Afrique du Sud de l’Apartheid. La Birmanie n’a pas cette chance  de posséder des sous-sols riches en ressources indispensables pour faire tourner à plein le moteur de l’économie mondiale et ainsi garantir sa croissance. Mauvaise langue ?? Non, plutôt deux poids deux mesures !

Par rossard
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