Ségolène Royal tient largement la corde chez les militants du Parti Socialiste dans la course à la candidature pour la présidentielle de 2007. Ainsi, la présidente de la région Poitou-Charentes, arrive très largement en tête des préférences des sympathisants avec 29% des suffrages contre 13% à Jack Lang, Dominique Strauss-Kahn, François Hollande et Bernard Kouchner, selon un sondage Ifop publié dans le Journal du dimanche du 4 décembre (sondage réalisé les 1er et 2 décembre par téléphone auprès de 550 sympathisants du PS extrait d'un échantillon de 1796 personnes, dont la représentativité a été assurée par la méthode des quotas.)
Avec 8% des sympathisants socialistes à égalité avec Martine Aubry, Laurent Fabius, devrait revoir très sérieusement ses ambitions. Martine Aubry, qui, pourtant, il y a un temps, semblait s’imposer comme une sérieuse candidate, est donc à la traîne. Elle paie probablement sa loi catastrophique des 35 heures. Quant à Laurent Fabius, deux raisons possibles : le scandale du sang contaminé lui colle affreusement à la peau en dépit de son innocence reconnue par la justice. Par ailleurs, il est victime d’une image d’opportuniste depuis son flirt avec l’extrême gauche qui déplaît aux militants.
Ségolène Royal se présentera-elle ? Se laissera-t-elle influencer par ces excellents sondages ? Rien n’est moins sur. D’une part, elle a fort à faire face aux éléphants du Parti Socialiste gardiens jaloux de leur pouvoir. D’autre part, pourrait-elle poignarder ainsi son mari, qui faut-il rappeler, est François Hollande, le candidat naturel en tant que secrétaire du Parti à la prochaine présidentielle ? Ce dernier serait-il prêt à concéder sa place ? On imagine mal François Hollande en mari de la Chef d’Etat Ségolène. A moins d’une désignation à Matignon, mais une telle concentration des pouvoirs entre les mains d’un couple est inconcevable car dangereux pour la démocratie.
Bien sûr, d’avoir une femme, de surcroît d’un grand parti, candidate à la présidentielle est une perspective qui nous réjouit. Voilà qui donnerait un coup de fouet, une vitalité et un renouveau à la politique. Mais encore faut-il que cette femme ait les compétences, la stature et le projet qu’exigent d’être Président de la République. Rien n’est moins sûr pour Ségolène présente au C.V « léger ». Mais, pourquoi pas objecterez vous ? près tout, pourquoi ferait-elle moins bien la ou tant d’autres, soi-disant à l’intelligence et à l’expérience taillées pour ces responsabilités, ont échoué. Pourquoi pas en effet ?
Si ce n’est pas pour cette fois, il ne fait aucun doute que ce sera partie remise. Avoir une femme élue à l’Elysée, c’est le sens de l’Histoire. Une femme à la tête de l’Etat changerait probablement la façon de faire de la politique donc de mener les affaires du pays. Avoir des femmes présidentes en Occident, c’est le vent de l’Histoire et un des grands espoirs de notre civilisation. La femme est l’avenir de l’homme. En politique, indiscutablement. Il faut encourager les candidates, partout la ou s’est possible. Les Etats-Unis pourraient bien connaître une révolution lors des élections présidentielles de 2008 avec un duel 100% féminin entre Hillary Clinton pour les Démocrates et Condolezza Ricce pour les Républicains. Le parti qui présentera une femme prendra une sérieuse option sur la victoire. L’électorat est en demande de changement, partout.
L’adversaire le plus sérieux pour le candidat de Droite est Ségolène Royal. Sa candidature redistribuerait les cartes. Si le Parti Socialiste et ses leaders étaient intelligents, clairvoyants, ils lui céderaient sur le champ leur place. Quant à la Droite, ses deux prétendants, Villepin et Sarkozy auraient tout intérêt à mettre un terme à leur rivalité et à s’entendre pour se donner les meilleures chances de gagner.
Ségolène Royal candidate du Parti Socialiste en 2007 ? Un scénario très peu probable. Le machisme est encore trop vivace. Aux éléphants du PS, une défaite sera nécessaire pour comprendre combien l’électorat exige un changement radical dans les mœurs politiques. Donc que c’est dans leur intérêt de présenter une femme la prochaine fois. Mais peut-être d’ici là, Ségolène aura-t-elle fait sécession, créer son propre parti pour se donner les moyens de ses ambitions ? Et répondre pleinement aux vœux d’un électorat en recherche de têtes nouvelles.