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danslevif

Lundi 16 janvier 2006
Dès la première réunion sur les négociations salariales dans la fonction publique, les syndicats ont quitté la table et claqué la porte. Et dans la foulée appelé à une journée d’action nationale pour mettre le couteau sous la gorge du gouvernement. Du vu ; du déjà vu, archi vu ! Un scénario sans surprise car bien établi depuis trente ans. Pourquoi en changer car cette stratégie s’est avérée très souvent payante : face à la pression de la rue et tenant à éviter toute vague, le ministre lâche rapidement du lest et satisfait aux revendications des acteurs sociaux. Un véritable rituel propre à la France. Et encore plus prononcé quand l’interlocuteur appartient à un gouvernement de droite. Car sur ce dernier porte une lourde présomption fallacieuse d’anti-fonctionnaire.

Un « mode opératoire » bien huilé de la part des syndicats. Ils se rendent à la première réunion uniquement pour se donner une image de démocrate, de responsable bien disposé. Mais c’est un leurre. Car avant même de se s’asseoir à la table, le but non-dit des syndicats est de mettre immédiatement sous pression le représentant de l’Etat. Autrement dit, témoigner avec éclat de son désaccord sur l’augmentation et de mettre la barre systématiquement haute pour obtenir satisfaction. Seule la forme, et si possible aussi spectaculaire que possible, les intéresse afin de s’assurer une résonance médiatique maximum et ainsi accroître la pression sur les autorités publiques. Fi du fond, autrement dit, la proposition du ministre. Une façon d’agir qui semble en passe à nouveau de réussir puisque le ministre de la Fonction publique, Christian Jacob, s’est dit prêt « éventuellement » à « aller plus loin » en matière d’augmentation des salaires. Cependant, le Ministre a posé des conditions. Histoire de ne pas perdre la face. Mais le mal est fait, le Ministre a fait un pas en arrière au lieu de se montrer ferme, camper solidement sur ses positions.

Une concession incompréhensible alors que le Ministre et son gouvernement sont en position de force au moment ou la nécessité d’un contrôle strict des dépenses publiques s’impose, désormais, comme une priorité nationale. A ce sujet, le Premier ministre, Dominique de Villepin, s’est engagé à stabiliser d’ici à cinq ans la dépense publique pour ramener la dette de 66 à 60% du PIB. Dans ce cas, comment compte-il s’y prendre en cédant à la première poussée de fièvre salariale du public ? Une dissonance troublante, et surtout agaçante, entre les discours et les actes.

En tous cas, un scénario épuisant. En observateur de cette pantomine frisant le ridicule, on éprouve un réel malaise, une grosse fatigue et une énorme lassitude. C’est à se demander quand nos responsables politiques changeront-il réellement leurs conduites, quand les acteurs sociaux feront preuve de maturité ? On aimerait tant que la France se modernise, soit éclate le liquide amniotique dans lequel elle gesticule, et se sorte de ces rituels anachroniques pour ajuster ses pendules en la matière à l’heure des nouvelles contraintes et nécessités de ce siècle naissant, un pré requis pour continuer à appartenir au club des pays les plus « riches » sur la scène internationale. A tous points de vue.
Par rossard
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Mardi 17 janvier 2006
La socialiste Michelle Bachelet vient de signer un véritable exploit en étant élue dimanche présidente du Chili.

Michelle Bachelet, candidate de la coalition de centre gauche "Concertacion", au pouvoir depuis la fin de la dictature de Pinochet en 1990, a remporté 53% des suffrages, contre 47% pour son rival, le candidat de l'opposition Sebastian Pinera, selon le Service électoral après dépouillement des bulletins dans la quasi totalité des bureaux de vote.

Un pari insensé auquel beaucoup ne croyait pas, doutait très sérieusement de son bien fondé dans un pays ou le pouvoir politique est concentré entre les mains des hommes.

Un pari donc payant. Et qui a entraîné des scènes de liesse dans tout le pays. Son élection suscite un immense espoir, en particulier, et en toute logique, chez les femmes, qui comptent beaucoup sur son projet de parité et des ameliorations en matiere des droits de des femmes. Tel est le défi désormais de Michelle Bachelet de ne pas décevoir cet électorat féminin qui a joué un rôle crucial dans sa victoire. Outre la parité, son autre cheval de bataille est de réformer en profondeur le système de retraites privées, salué à l'étranger mais considéré comme coûteux et inadapté au Chili.

Cependant, des zones d’ombres demeurent sur son programme politique. Ainsi, ses détracteurs dénoncent le vague de ses promesses et attribuent essentiellement sa victoire à la popularité du président sortant Ricardo Lagos - plus de 60% d'opinions favorables - et au boom économique que connaît le pays en grande partie grâce à la hausse des prix du cuivre.

En tous cas, sa victoire confirme un très net basculement socialiste de l’Amérique Latine après l'élection d'Evo Morales en décembre en Bolivie, le premier Indien à accéder au poste de président, et qui a axé tout sa campagne sur la renationalisation des richesses naturelles, notamment les réserves de gaz, sans oublier l'Argentine, le Brésil, l'Uruguay et le Venezuela dirigés par des personnalités de gauche. Des personnalités, toutefois, aux profils, au programme politique et aux modes de gouvernance très différents.

Il ne faut pas s’attendre de sa part à une « rupture » dans le domaine économique étant donné que le Chili présente un bilan flatteur. Outre une économie florissante et la plus stable de la région, le Chili peut se targuer d’avoir divisé par deux la pauvreté depuis la chute du régime Pinochet.

Michelle Bachelet, ancienne ministre de la Défense n'est que la deuxième femme élue à la tête d'un pays d'Amérique latine, et la première qui ne soit pas la veuve d'un ancien président. Fille d'un militant socialiste ayant péri sous les tortures de la junte, Bachelet, est médecin de formation. Elle prendra ses fonctions le 11 mars prochain, pour un mandat de quatre ans.
Par rossard
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Jeudi 19 janvier 2006

Michel Loreau, professeur d'écologie à l'université Mac-Gill de Montréal, met en garde contre « une extinction massive des espèces au XXIe siècle » dans une interview donnée au quotidien Le Monde dans son édition en date du 07 janvier 2006.

Michel Loreau affirme « la disparition des espèces s'accélère. Le rythme d'extinction des vertébrés et des plantes est déjà cent fois plus important que lors des temps géologiques, il y a des dizaines de millions d'années. Cette vitesse devrait être multipliée par 100 dans les prochaines décennies, soit un rythme 10 000 fois supérieur au taux estimé comme naturel ». Une perspective qui donne des sueurs froides. 

A cette disparition accélérée, Michel Loreau avance trois raisons principales : d’abord, la destruction des habitats, conséquence de la déforestation, l’urbanisation, du changement d'utilisation des terres... Ensuite, la croissance des échanges internationaux qui « entraîne une propagation des espèces d'un continent à l'autre. Or une nouvelle espèce introduite peut devenir un prédateur ou un parasite très efficace des espèces locales, ce qui peut détruire une grande partie de la faune ou de la flore. ». Enfin, le changement climatique qui « menace la biodiversité ». Cette dégradation de la biodiversité pourrait avoir à long terme des conséquences sur les activités et la société humaine.

Pour enrayer cette spirale infernale, il n’y a pas trente six mille solutions. Ainsi, il rappelle une vérité évidente mais tristement oubliée pour assurer à l’humanité sa pérennité : « Dans un monde globalisé, chaque individu devrait être amené à se penser non pas comme une personne isolée dans un endroit donné, mais comme un maillon d'une chaîne qui le relie à la nature ». Avant d’ajouter « Si on parvenait à éduquer les enfants et les citoyens à réfléchir de cette façon-là, nous serions tous beaucoup plus connectés non seulement à la nature, mais aussi aux autres. » 

A ce jour, seul 1,75 million d’espèces, sont inventoriées sur un nombre total estimé à une dizaine de millions. Ce qui signifie que les scientifiques découvrent chaque jour de nouvelles espèces. 

Par ailleurs, la disparition massive des espèces ne serait pas la première de l’Histoire de notre planète. Outre la plus célèbre, celle des dinosaures, intervenue il y a 65 millions d'années, la Terre en compte quatre autres :
il y a 438 millions d'années, disparition de 70 % des espèces d'animaux marins,
il y a 370 millions d'années, extinction de plus de 30 % des espèces animales,
il y a 250 millions d'années, la plus grande crise, effacement de plus de 90 % des espèces animales
et il y a 215 millions d'années, destruction de 75 % des espèces marines.

La notre, soit celle de l’être humain, est préprogrammée de longue date. Un accident de parcours de plus, anodin, sans conséquence sur la marche de notre planète à l’échelle géologique et paléontologique. Seul fait nouveau : l’accélération de ces disparitions dont l’activité et l’extension humaine jouent indiscutablement un rôle capital.

Par rossard
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Lundi 30 janvier 2006

La victoire du Hamas aux élections législatives palestiniennes, est, sans conteste, un nouveau coup de tonnerre dans le ciel déjà très chargé du Proche-Orient, du notamment à la récente et brutale disparition de la scène politique israélienne d’Ariel Sharon. Un évènement de taille qui, à juste titre, a provoqué la stupeur dans les Chancelleries du monde et alimenté le pessimisme dans les éditoriaux et les analyses des spécialistes. Cependant, il appelle plusieurs commentaires.

 

 

D’abord, cette victoire présentée comme une surprise est loin d’en être une. Voilà longtemps en effet que les Palestiniens ont perdu confiance dans le pouvoir de l’Autorité Palestinienne pour sa corruption et son incurie. Ainsi, en décembre dernier lors des élections municipales en Cisjordanie, les palestiniens avaient envoyé un fort avertissement aux autorités en permettant au Hamas de rafler la mise. Mahmoud Abbas, président de l’Autorité Palestinienne, aurait donc du en tirer des leçons afin d’éviter la réalisation de ce scénario catastrophe. Sans parler le profil bas de la communauté internationale qui a adopté la politique de l’Autruche au lieu de regarder en face une réalité dérangeante.

 

 

Par ailleurs, il y a deux lectures de cet événement. 

 


La première, négative, du verre à moitié vide. Autrement dit, il y a tout lieu de s’inquiéter si on se focalise sur l’activité terroriste du Hamas, son militarisme, et son objectif toujours d’actualité de détruire l’Etat d’Israël. Bref, un véritable profil de « tueur » à vous glacer le dos, qui vous inspire de la terreur et aucune confiance.

 

 

 

La deuxieme, plus heureuse, qui correspond à celle du verre à moitié plein. En d’autres termes, on peut se réjouir de cette victoire du Mouvement de la résistance islamique du fait même qu’il ait accepté d’intégrer le « jeu » démocratique et d’en respecter ses règles, ce qui était loin d’être gagné. Par ailleurs, il se retrouve désormais face à ses responsabilités. Il va donc devoir faire ses preuves. De la contestation, si facile, le voila aux commandes des affaires, un art bien plus complexe. Chacun sait qu’il y a loin de la coupe aux lèvres en politique. Tout le défi du Hamas est donc de répondre aux attentes de son électorat en matière de lutte contre la corruption, leur principal cheval de bataille, d’amélioration du  sort de ses concitoyens et de remise en route d’un processus de paix au point mort.

 

 

Ce dernier semble invraissemblable étant donné la position du Hamas vis-à-vis d’Israël.  Mais le Hamas a-t-il le choix ? Certainement pas car établir la paix figure parmi les aspirations premières des trois-quarts des palestiniens soucieux avant tout de mener une vie normale, lassés de ce « ping-pong » meurtrier : aux attentats du Hamas, les raids punitifs d’Israël. Une réalité que ses dirigeants ne peuvent plus ignorer.

 

 

Or, pas de relance du processus de paix sans reconnaissance d’un interlocuteur palestinien fréquentable. C’est pourquoi, pour le devenir, le Mouvement de résistance islamique doit impérativement renoncer au terrorisme et à la destruction d’Israël. Une véritable révolution. Y parviendra-t-il ? C’est la première incertitude.

 

 

La seconde porte sur la capacité ou non du Hamas à faire mieux que le Fatah dans la conduite des affaires. En effet, en cas d’échec du Hamas, en matière d’éradication de la corruption et d’efficacité des politiques publiques, qu’adviendra-t-il de la Palestine ? Cet échec enfanterait une immense et profonde frustration des palestiniens, elle-même pouvant conduire à un sentiment justifié de trahison.

 

 

Or, faute d’alternative politique crédible, quelles solutions leur resteraient-ils ? Celle de la violence ? De la révolte contre des autorités incompétentes ? Telle est en faite la grande inconnue de la Palestine au lendemain de cette victoire du Hamas. Avec une Palestine à feu, c’est tout le Proche-Orient qui se retrouverait terriblement déstabilisé, livré au chaos. Et une communauté internationale probablement inopérante car prise totalement au dépourvue.

 

 

Pour cette raison, en dépit de leur profil d’assassin et de leur volonté condamnable de destruction d’Israël, tout le monde a intérêt que le Hamas réussisse là ou le Fatath a échoué et n’a su que semer rancœur et colère, stériles, comme on le sait, à tout progrès car mauvaises conseillères.

Par rossard
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