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Mardi 17 janvier 2006 2 17 /01 /Jan /2006 12:32
La socialiste Michelle Bachelet vient de signer un véritable exploit en étant élue dimanche présidente du Chili.

Michelle Bachelet, candidate de la coalition de centre gauche "Concertacion", au pouvoir depuis la fin de la dictature de Pinochet en 1990, a remporté 53% des suffrages, contre 47% pour son rival, le candidat de l'opposition Sebastian Pinera, selon le Service électoral après dépouillement des bulletins dans la quasi totalité des bureaux de vote.

Un pari insensé auquel beaucoup ne croyait pas, doutait très sérieusement de son bien fondé dans un pays ou le pouvoir politique est concentré entre les mains des hommes.

Un pari donc payant. Et qui a entraîné des scènes de liesse dans tout le pays. Son élection suscite un immense espoir, en particulier, et en toute logique, chez les femmes, qui comptent beaucoup sur son projet de parité et des ameliorations en matiere des droits de des femmes. Tel est le défi désormais de Michelle Bachelet de ne pas décevoir cet électorat féminin qui a joué un rôle crucial dans sa victoire. Outre la parité, son autre cheval de bataille est de réformer en profondeur le système de retraites privées, salué à l'étranger mais considéré comme coûteux et inadapté au Chili.

Cependant, des zones d’ombres demeurent sur son programme politique. Ainsi, ses détracteurs dénoncent le vague de ses promesses et attribuent essentiellement sa victoire à la popularité du président sortant Ricardo Lagos - plus de 60% d'opinions favorables - et au boom économique que connaît le pays en grande partie grâce à la hausse des prix du cuivre.

En tous cas, sa victoire confirme un très net basculement socialiste de l’Amérique Latine après l'élection d'Evo Morales en décembre en Bolivie, le premier Indien à accéder au poste de président, et qui a axé tout sa campagne sur la renationalisation des richesses naturelles, notamment les réserves de gaz, sans oublier l'Argentine, le Brésil, l'Uruguay et le Venezuela dirigés par des personnalités de gauche. Des personnalités, toutefois, aux profils, au programme politique et aux modes de gouvernance très différents.

Il ne faut pas s’attendre de sa part à une « rupture » dans le domaine économique étant donné que le Chili présente un bilan flatteur. Outre une économie florissante et la plus stable de la région, le Chili peut se targuer d’avoir divisé par deux la pauvreté depuis la chute du régime Pinochet.

Michelle Bachelet, ancienne ministre de la Défense n'est que la deuxième femme élue à la tête d'un pays d'Amérique latine, et la première qui ne soit pas la veuve d'un ancien président. Fille d'un militant socialiste ayant péri sous les tortures de la junte, Bachelet, est médecin de formation. Elle prendra ses fonctions le 11 mars prochain, pour un mandat de quatre ans.
Par rossard - Publié dans : danslevif
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Lundi 16 janvier 2006 1 16 /01 /Jan /2006 07:41
Dès la première réunion sur les négociations salariales dans la fonction publique, les syndicats ont quitté la table et claqué la porte. Et dans la foulée appelé à une journée d’action nationale pour mettre le couteau sous la gorge du gouvernement. Du vu ; du déjà vu, archi vu ! Un scénario sans surprise car bien établi depuis trente ans. Pourquoi en changer car cette stratégie s’est avérée très souvent payante : face à la pression de la rue et tenant à éviter toute vague, le ministre lâche rapidement du lest et satisfait aux revendications des acteurs sociaux. Un véritable rituel propre à la France. Et encore plus prononcé quand l’interlocuteur appartient à un gouvernement de droite. Car sur ce dernier porte une lourde présomption fallacieuse d’anti-fonctionnaire.

Un « mode opératoire » bien huilé de la part des syndicats. Ils se rendent à la première réunion uniquement pour se donner une image de démocrate, de responsable bien disposé. Mais c’est un leurre. Car avant même de se s’asseoir à la table, le but non-dit des syndicats est de mettre immédiatement sous pression le représentant de l’Etat. Autrement dit, témoigner avec éclat de son désaccord sur l’augmentation et de mettre la barre systématiquement haute pour obtenir satisfaction. Seule la forme, et si possible aussi spectaculaire que possible, les intéresse afin de s’assurer une résonance médiatique maximum et ainsi accroître la pression sur les autorités publiques. Fi du fond, autrement dit, la proposition du ministre. Une façon d’agir qui semble en passe à nouveau de réussir puisque le ministre de la Fonction publique, Christian Jacob, s’est dit prêt « éventuellement » à « aller plus loin » en matière d’augmentation des salaires. Cependant, le Ministre a posé des conditions. Histoire de ne pas perdre la face. Mais le mal est fait, le Ministre a fait un pas en arrière au lieu de se montrer ferme, camper solidement sur ses positions.

Une concession incompréhensible alors que le Ministre et son gouvernement sont en position de force au moment ou la nécessité d’un contrôle strict des dépenses publiques s’impose, désormais, comme une priorité nationale. A ce sujet, le Premier ministre, Dominique de Villepin, s’est engagé à stabiliser d’ici à cinq ans la dépense publique pour ramener la dette de 66 à 60% du PIB. Dans ce cas, comment compte-il s’y prendre en cédant à la première poussée de fièvre salariale du public ? Une dissonance troublante, et surtout agaçante, entre les discours et les actes.

En tous cas, un scénario épuisant. En observateur de cette pantomine frisant le ridicule, on éprouve un réel malaise, une grosse fatigue et une énorme lassitude. C’est à se demander quand nos responsables politiques changeront-il réellement leurs conduites, quand les acteurs sociaux feront preuve de maturité ? On aimerait tant que la France se modernise, soit éclate le liquide amniotique dans lequel elle gesticule, et se sorte de ces rituels anachroniques pour ajuster ses pendules en la matière à l’heure des nouvelles contraintes et nécessités de ce siècle naissant, un pré requis pour continuer à appartenir au club des pays les plus « riches » sur la scène internationale. A tous points de vue.
Par rossard - Publié dans : danslevif
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Mercredi 11 janvier 2006 3 11 /01 /Jan /2006 17:04

C’est le type même de titres à faire sensation et qui surtout permet de mesurer l’ampleur des changements, disons même bouleversements étant donne leur impact considérable sur la scène internationale, actuellement à l’œuvre dans l’économie mondiale. C’est le type même de chiffres qui rend palpable la mondialisation et sa remise en cause, parfois brutale car rapide, de la hiérarchie jusqu'à ici bien établie chez ses principaux acteurs.

Une etude, publiee fin d’année dernière par l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE), révèle ainsi que la Chine, en 2004, a ravi aux Etats-Unis le premier rang mondial pour les exportations de biens des technologies de l’information et des communications (TIC) tels que les téléphones mobiles, les ordinateurs portables et les appareils photo numériques.

Ainsi, « en 2004, la Chine a exporté pour 180 milliards USD de biens des TIC, alors que les exportations des Etats-Unis dans la même catégorie se chiffraient à 149 milliards. En 2003, les Etats-Unis occupaient le premier rang, avec 137 milliards USD, et la Chine se classait deuxième, avec 123 milliards », selon les chiffres de l’OCDE.

Les composants électroniques constituent désormais pour la Chine la deuxième catégorie d’exportations, après celle des ordinateurs et du matériel connexe.

En parallèle, « la Chine est le plus gros exportateur de biens des TIC vers les Etats-Unis, contribuant pour 27 % aux importations américaines totales de ce type de biens en 2004, en hausse par rapport à seulement 10 % en 2000. L’excédent commercial de la Chine au titre des TIC avec les États-Unis se chiffre, pour 2004, à 34 milliards USD ;  avec l’Union européenne, il est de 27 milliards », d’après l’OCDE.

Toujours selon l’OCDE, la part de la Chine dans les échanges mondiaux de biens des TIC,  importations et  exportations comprises, a atteint 329 milliards USD en 2004. Soit une hausse de 40% par rapport à 2003 et de 840% par rapport à 1996 ! En comparaison, la part des Etats-Unis se chiffrait à 375 milliards USD en 2004, soit +24,5% comparé à 2003 et « seulement » +60% par rapport à 1996.

Cette montée en puissance de la Chine s’explique par « une intensification des échanges entre la Chine et les autres pays d’Asie, en même temps qu’un recul correspondant des importations de biens des TIC de cette région en provenance de l’Union européenne et des Etats-Unis » à lire l’OCDE. 

« En effet, précise l’organisation internationale, pour fabriquer des ordinateurs portables ainsi que des téléphones mobiles perfectionnés, la Chine était auparavant tributaire de composants électroniques – les puces, par exemple -- qui étaient importés de l’UE et des Etats-Unis ;  elle se procure maintenant ces composants de plus en plus dans d’autres pays d’Asie, notamment au Japon (18 % des importations de TIC de la Chine), au Taipei chinois (16 %), en Corée (13 %) et en Malaisie (8 %). »

En matière d’économie, ce n’est pas « la longue marche » mais une course de fond que mène la Chine. Tout l’enjeu est de savoir combien de temps la Chine est-elle capable de tenir à ce rythme. Aucun signe d’essoufflement à l’horizon alors que ses concurrents cèdent du terrain et tiennent avec difficulté la cadence !

Source : OCDE, Direction de la science, de la technologie et de l'industrie.

Par rossard - Publié dans : danslevif
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Lundi 9 janvier 2006 1 09 /01 /Jan /2006 12:17

Les FARC ont exclu tout échange humanitaire sous le gouvernement du président colombien Alvaro Uribe entre leurs otages et les guérilleros emprisonnés. L’espoir de voir libérer Ingrid Betancourt et des centaines d’otages avec elle à peine né est déjà mort. Une cruelle déception. Une terrible nouvelle pour ses proches et toutes celles et tous ceux qui se battent comme des diables pour obtenir sa libération depuis le 23 février 2002, jour de son enlèvement en pleine campagne présidentielle.

L’intransigeance des Farc ferme brutalement une fenêtre ouverte qui laissait espérer un déblocage d’une situation complètement verrouillée. Seul signe positif, la France par l’intermédiaire de son ministre des Affaires Etrangères, Philippe Douste-Blazy, semble enfin prendre l’affaire en mains et se montrer plus offensif. Il était temps.

Dans une lettre écrite au lendemain de son enlèvement intitulée «Agir avant qu’il ne soit trop tard », j’insistais sur l’absolue nécessité d’agir immédiatement afin d’éviter à Ingrid Betancourt un destin [tragique] à la Massoud. Autrement dit, que la communauté internationale reste indifférente à son sort, oublie la femme déterminée et son combat extrêmement courageux « contre les cartels de la drogue et, de son pendant, la corruption de la vie politique colombienne ».

Je concluais « N'oubliez pas que le compteur tourne dangereusement. N'oubliez pas qu'une femme politique joue sa vie pour ses idées. N'oubliez pas comme le font nos responsables politiques. N'oubliez pas avant qu'il ne soit trop tard. » Le compteur tourne toujours aussi dangereusement quatre ans plus tard. Pour Ingrid. Pour ces milliers d’otages.

Pour cette raison, la France ne doit pas relâcher ses efforts. Au contraire, les accentuer. La Communauté internationale doit s’impliquer davantage, quitte même à accroître sa pression sur l’actuel gouvernement ainsi que sur les principaux acteurs afin de sortir de cet imbroglio inextricable d’intérêts et parvenir à une solution humaine le plus rapidement possible.

Par rossard - Publié dans : danslevif
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