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Mardi 1 novembre 2005

La démission d’Hervé Gaymard
La
, première victime !

Hervé Gaymard, l’éphémère ministre de l’Economie et des Finances, n’a pas démissionné comme il tente de nous le faire croire. Il a été contraint à la démission. Une différence anodine à première vue. Pourtant elle est de taille. En effet, elle éclaire sur les raisons de cette sortie en douceur par la petite porte. Et prouve combien nos hommes politiques n’ont toujours pas pris conscience de la gravité de la situation politique en France et dont le fait le plus révélateur à ce jour est la présence au second tour d’une élection présidentielle de leader du Front National, le parti de l’extrême droite.

 

En effet, si Hervé Gaymard a dû faire ses valises de Bercy, ce n’est pas pour la faute impardonnable qu’il a commise mais parce que son affaire commençait à prendre des proportions inquiétantes et donc à entacher l’image du gouvernement. Or, dans un contexte de tensions sociales, de grèves à répétition, de reprise du chômage, d’augmentation des impôts locaux (lire notre article), cette affaire, disons même ce scandale avec cette résonance médiatique croissante, venait au plus mauvais moment pour le gouvernement. Voilà probablement la raison de son lâchage à la fois par le Président de la République et le Premier ministre. Dans le microcosme politico-parisien, aucun n’avait pris la mesure de la tragique erreur du ministre de l’Economie et des Finances. Qu’il occupe un appartement de 600 m2 près des Champs-Élysées pour un loyer mensuel de 14 400 euros n’avait absolument pas frappé les consciences de nos hommes politiques. Cela « allait de soi » semble-t-il ! Sinon, Hervé Gaymard aurait rendu sa démission dès l’éclatement de l’affaire. Et des voix se seraient élevées plus rapidement. Mais, au contraire, Hervé Gaymard a tenu dix jours, avec une ligne de défense indéfendable. En reconnaissant immédiatement son erreur, il aurait probablement sauvé son poste. Et par la-même sa dignité. Car comme on dit « faute avouée est à demi-pardonnée », Mais, il a fallu que le Canard Enchaîné dévoile le pot aux roses puis que Le Parisien et Libération « grattent » et fassent de nouvelles révélations pour que nos responsables politiques se rendent enfin compte de l’énormité de la situation. De la « bavure » même de leur collègue.

 

Il est évident, et c’est le constat le plus dramatique que l’on peut faire, que nos responsables politiques n’ont toujours rien compris à la portée de ce second tour des présidentielles de 2002. On pensait, naïfs que nous sommes, qu’ils avaient réellement « saisi » le message sorti des urnes. Mais rien ! On pensait à tort, après ce terrible avertissement du 5 mai 2002, que de tels comportements ne se reverraient plus. Et bien non ! Ces mœurs d’un autre âge continuent. Fidèles à eux-mêmes, le décalage persiste entre leurs discours et leurs actes. Or, ils devraient, et plus que jamais, adopter un comportement exemplaire. Mais c’est l’inverse. Un comportement, d’ailleurs, limite sado-masochiste. En effet, ils donnent le bâton pour se faire battre : ils se plaignent de leur manque de crédibilité mais dans le même temps, ils font tout pour la perdre. En tout cas, le peu qui leur reste. Eux qui dénoncent aussi la perte des valeurs dans notre société attribuant cette dérive aux jeunes générations.

 

Mais comment peut-il en aller autrement quand ceux qui sont censés servir de modèle, foulent aux pieds ces mêmes valeurs dont ils déplorent la perte dans la société ? Ah que l’éthique de conviction et de responsabilités, si chère à Max Weber, est loin de la politique française. Et surtout, de nos élus. Certes, il ne faut pas faire du « cas Gaymard » un cas général. Car nombre d’élus exercent au quotidien, scrupuleusement et avec dévouement, leur mandat dans des conditions souvent difficiles. Une raison de plus qui rend le comportement d’Hervé Gaymard inadmissible car il porte préjudice à toute une « profession ».

 

Le plus tragi-comique, car il arrive un moment où il vaut mieux en rire, c’est que le ministre de l’Economie et des Finances a affirmé ignorer le prix d’un appartement de 600 m2 proche des Champs-Elysées. Inquiétant pour celui qui a en charge la gestion des finances publiques. Pas étonnant, dans ce cas, qu’elles soient dans cet état calamiteux. Et il est encore plus choquant d’entendre Hervé Gaymard déclarer « avoir toujours la passion de la  ». Où est le respect du citoyen ? Une passion au service de ses intérêts ? Un tel comportement est indigne par son caractère insultant à l’encontre de ses millions de concitoyens qui paient cher les dérapages financiers de la sphère publique. 14 400 euros de loyer ! Sans compter les 150 000 euros de travaux. Un comportement assimilable, toute proportion gardée, à certains dirigeants d’Afrique noire qui n’hésitent pas à gaspiller l’argent public alors que l’Etat est « endetté jusqu’au cou ».

 

Si Hervé Gaymard prenait la mesure de son geste et en comprenait toute sa portée, il devrait avoir honte. Mais est-ce le cas ? On reste dubitatif. Une pareille erreur dans d’autres pays lui coûterait très certainement sa carrière politique. Mais « avec le temps, va, tout s’en va », particulièrement en . Grâce à l’indulgence, parfois incompréhensible, et la propension à l’oubli des Français, il pourra d’ici quelque temps reprendre du service et à nouveau se fixer des objectifs ambitieux en politique. Le seul souhait est qu’il ait compris la leçon. Mais on peut en douter. Car s’il n’a tiré aucun enseignement du 5 mai 2002, comment pourrait-il le faire aujourd’hui ? Sinon quand l’extrême droite sera parvenue au pouvoir. Mais là, lui et toute la classe politique « n’auront plus que leurs yeux pour pleurer ».

Quant à la gauche, elle ferait bien de ne pas trop « klaxonner ». Car en la matière, son CV est tout aussi peu glorieux. Entre la gauche et la droite, c’est « blanc bonnet et bonnet blanc ». Triste à dire mais la réalité est là. Sévère. Dans cette affaire, la victime est avant tout la politique. Par là même la démocratie. Et donc la
. Car, nous voilà à sept ministres de l’Economie et des Finances en six ans ! Quelle image renvoyons-nous ! Une instabilité qui rappelle la IVe République. Et dire qu’un temps, on s’amusait avec une certaine  ironie des incessantes valses ministérielles des Italiens ! Une instabilité qui va à l’encontre des intérêts même de la . Alors qu’en matière d’économie, notre pays a besoin d’un plan de route et d’un cap à maintenir, comment y parvenir quand le capitaine change régulièrement ? Au final, le bateau louvoie, ivre d’incertitudes.

Que nos responsables politiques dépassent le « cas Gaymard » pour procéder à une analyse collective de leurs mœurs. Et en tirer les enseignements qui s’imposent. Nos hommes politiques n’avaient vraiment pas besoin d’une telle affaire, eux qui souffrent déjà d’un déficit de crédibilité. Alors quand on entend certains dire « avoir la passion de la
 », il y a des moments où on préfererait « être sourd ». Car de tels propos ne peuvent que révolter ceux qui ont véritablement la « passion de la  ». Plus jamais ça ? On aimerait en être convaincu. Mais ce serait croire aux miracles ou, plus exactement, aux promesses de ceux qui nous dirigent ou qui aspirent au pouvoir. Et qui sont prêts à tout. A nous de faire montre de plus de discernement. Et, aussi, de plus de sévérité.

Par rossard
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Mardi 1 novembre 2005

L’Europe face à l’invasion du textile chinois
Une réaction tardive et démagogique !

 

Face à l’invasion, disons même l’inondation massive du textile chinois, les Etats membres de l’Union européenne crient à l’unisson au loup ! Un cri démagogique. En effet, il y a longtemps qu’on savait que le textile chinois, et pas seulement chinois mais en provenance des pays à « bas salaire », envahirait un jour nos marchés pour la simple raison que la disparition des quotas au 1er janvier 2005 était programmée depuis… 1994 ! Un système établi dans le cadre des Accords multifibres au sein du GATT, l’ancêtre de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Ce système a été remplacé en 1994 par un Accord sur les textiles et l'habillement pour cause de violations des principes du commerce multilatéral selon une étude de l'OMC publiée en 2004 et à cause de la discrimination à l'encontre des pays en développement, particulièrement les pays d'Asie. Un accord qui a mis en place un régime transitoire de dix ans pour aboutir à la disparition totale des quotas, imposé par le Canada, les Etats-Unis, la Norvège et… l'Union européenne. C'est donc ce processus qui est arrivé à son terme le 1er janvier dernier. Il y a longtemps aussi qu’on savait que la Chine qui a intégré l’OMC en 2001, deviendrait un jour ce rouleau compresseur économique contre lequel nos bonnes intentions ne résisteraient pas, et notamment celles inscrites dans le Traité constitutionnel européen. A vrai dire, ces bonnes intentions n’engagent que celles et ceux qui y croient à l’instar des articles qui parlent de plein emploi et de la croissance, des objectifs qui ne se décrètent pas mais qui se fixent par des politiques adéquates et novatrices face à des environnements en perpétuel changement… Il y a longtemps que les dirigeants savaient que le traité sur les textiles prendrait fin en 2005 avec les conséquences que l’on connaît aujourd’hui. Mais aucun dirigeant n’a pris les devants en temps et en heure. Dans ces conditions, qu’ils ne feignent pas la surprise, qu’ils ne poussent pas ces cris d'orfraie face à ce « tsunami » vestimentaire chinois prévisible depuis trente ans ! Un cri démagogique où il est si simple d’accuser la Chine de tous nos maux économiques. Un bouc émissaire un peu facile destiné à masquer la défaillance des élites politiques et dirigeants économiques en matière d’actions préventives comme un repositionnement de nos industries sur des segments à haute valeur ajoutée.

 

Si l’Europe est profondément affectée, l’Afrique subit également de plein fouet cette nouvelle donne du commerce international. A double titre même. D’une part, l’Afrique pâtit de la suppression de l’Accord multifibres qui établissait des conditions avantageuses pour nombre de pays du continent. D’autre part, beaucoup de pays bénéficiaient également de l’African Growth and Oportunity Act aux Etats-Unis, aujourd’hui arrivé à terme, qui leur permettait d’exporter sans limitations et sans taxes leur production. Ainsi, depuis quelque temps, les fermetures d’entreprises opérant dans le textile et les usines de fabrication de vêtements, se succèdent à un rythme alarmant dans l’Afrique subsaharienne : parmi les victimes, on dénombre le Kenya avec huit fermetures d’usines et 6 000 emplois de perdus ; le Lesotho contraint de fermer six entreprises ; le Swaziland avec quatre usines et la Namibie dont la plus grosse usine a récemment annoncé qu’elle mettait la clé sous la porte. Autant de fermetures qui se traduiront par des milliers de pertes d’emplois, auront un coût social dramatique dans ces pays et à une échelle plus vaste qu’en Europe où le secteur du textile est depuis longtemps réduit à peau de chagrin. Or, tous ces pays africains avaient fait du textile un axe de leur développement économique. Un avenir qui devient du coup des plus incertains.

 

L’Europe est donc loin d’être la seule touchée. Par ailleurs, quel paradoxe pour les partisans du oui qui font admirablement le grand écart sur ce sujet : comment expliquer que l’UE nous protège économiquement sur la scène internationale comme ils le répètent alors même que c’est cette dernière qui a contribué à l’époque à cet accord mettant fin aux quotas et qui a donc quasiment signé l’arrêt de mort d’un secteur textile déjà sinistré ? Un bel exemple du renforcement de l’économie européenne ! Une aberration de plus de l’Europe, surtout, quand celle-ci est laissée aux mains de technocrates qui n’ont de comptes à rendre à personne, excepté aux chefs d’Etats et de gouvernements. Ces derniers ont beau jeu aujourd’hui de crier au scandale, de dénoncer avec force ces accords pour des raisons purement électorales alors même qu’ils les ont approuvés par le passé !

 

 

Par rossard
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Mardi 1 novembre 2005

L'échec des partis politiques au référundum
La classe politique désavouée


Les Français se sont prononcés massivement contre le Traité constitutionnel européen. Avec près de 55% des voix, c’est un rejet clair et net qui ne souffre d’aucune ambiguïté. D’autant plus que les Français ont voté en nombre, le taux de participation atteint les 70% soit un score identique à une présidentielle. A l’issue de ce scrutin, seuls deux leaders politiques sortent la tête haute et peuvent se montrer satisfaits de leur campagne. François Bayrou, chef de l’UDF et Nicolas Sarkozy, président de l’UMP car leur électorat a voté très nettement en faveur du Traité, à plus de 70%. Ils ont donc rempli leur contrat même s’ils appartiennent au
camp des défaits. Le seul reproche qu’on peut adresser à François Bayrou, c’est sa campagne plutôt inaudible alors qu’il a battu le pavé avec beaucoup d’énergie. Mais, ce faible écho national met en lumière une des faiblesses de de l’UDF : en étant au centre de l’échiquier politique, les Français perçoivent mal la position de ce parti sur les grands sujets nationaux. Une clarification des idées est à l’avenir impérative si l’UDF veut jouer les premiers rôles lors de la présidentielle en 2007.

 

Paradoxalement, il n’en va pas de même pour les partisans du non. En effet, beaucoup pour parvenir à cette victoire, ont joué sans remords sur les peurs et les craintes des Français, ils ont fait preuve de démagogie et ont insidieusement déplacé l’enjeu de ce scrutin européen au niveau national. Ce n’est pas à leur honneur. Par ailleurs, beaucoup n’ont aucun projet alternatif à proposer dans l’immédiat. Dire non c’était une chose. Mais encore faut-il être en mesure désormais de proposer un plan B. Or à part une opposition systématique sur le credo du « non à une Europe libérale », il est à craindre que beaucoup restent sans voix après le référendum. Voilà qui ressemble à s’y méprendre à une victoire à la Pyrrhus.

 

Les plus grands perdants sont indiscutablement les « éléphants » du Parti socialiste et au premier chef, son secrétaire général, François Hollande. Il est clair que la direction du PS a été désavouée lourdement puisque 59% des sympathisants ont voté contre le Traité. Un désaveu cinglant qui devrait dès maintenant pousser ses dirigeants à en tirer toutes les conséquences d’autant que c’est le deuxième coup de semonce qui leur est adressé après celui du 21 Avril 2002. Les dirigeants du Parti socialiste ne sont donc plus écoutés. Ils ont perdu leur autorité et leur légitimité à l’instar de l’exécutif au niveau national. C’est pourquoi, les dirigeants du PS n’ont de leçons à donner à personne. Avant de réclamer un changement de Premier ministre voire de Président, de tirer à boulets rouges sur ce dernier et de lui rappeler son « divorce » d’avec le peuple, ils devraient analyser les raisons de leur propre désaveu par la « base » de leur électorat. Avant de prétendre être les seuls à pouvoir remettre la France sur les rails de la croissance, du plein-emploi et de la justice sociale, les socialistes doivent faire attention à deux choses : d’une part, ils devraient faire preuve de plus de modestie et faire le ménage chez eux car le Parti socialiste s’est mué en un terrible capharnaüm où la rivalité des hommes et des ambitions, saute plus aux yeux que la concurrence entre de véritables projets pour la France. En outre, leur bilan au gouvernement n’est guère plus glorieux. La en garde de lourdes séquelles comme les 35 heures. D’autre part, il faut que ses dirigeants reconnaissent leur déconnection croissante et désormais alarmante avec leur électorat. Ils ne sont plus en phase avec leurs électeurs et c’est la première des leçons qu’ils doivent en tirer. Tant qu’ils passeront à pieds joints au-dessus de cette réalité, ils continueront à creuser cet écart. Dès lors, il est ridicule, voire insultant, comme on l’a entendu sur les plateaux de télévision de la part, en particulier de Jack Lang, de dire que ce non était un vote des extrêmes ! Comment peut-on être aussi aveugle face à une réalité qui crève les yeux ? Ce non est avant tout un non de l’électorat de gauche qui se sent trahit par des représentants qui l’ont délaissé au fil du temps, abandonné à son propre sort. Tant que les socialistes se mentiront à eux-mêmes, leur électorat se détournera d’eux.

 

Enfin, il va de soi que le Président de la République se retrouve en première ligne. Tout simplement parce que c’est lui qui a tenu à ce référendum, et c’est tout à son honneur, et c’est lui qui a porté ce projet de Traité constitutionnel. C’est donc un échec personnel. Le problème, c’est que ce n’est pas son premier échec. Rappelons-nous des législatives anticipées en 1997. C’est la première fois qu’un Président de la République élu au suffrage universel est à ce point désavoué au cours de son mandat. Jacques Chirac a indéniablement sa part de responsabilité. Et il ne peut pas passer outre et « faire comme si ». Il y a eu un message fort de la part des Français. Il l’a probablement entendu et va changer de gouvernement et « impulser une nouvelle action ». Mais Jacques Chirac n’a pas pris l’exacte mesure du message. Un changement de Premier ministre reste insuffisant au regard de la « crise globale » - économique, sociale, politique et institutionnelle - qui frappe la France. Bien plus que son gouvernement, bien plus que le Traité, ce que les Français rejettent c’est sa personne. Ils n’en veulent plus ! La « fin de règne » a sonné. Et Jacques Chirac serait fort inspiré d’y mettre un terme (lire notre appel pour des présidentielles anticipées). Sinon, nous allons vivre une fin de quinquénnat pénible dont la première victime sera encore et toujours la . Qui plus est, deux ans, c’est long, très long surtout quand l’impatience populaire tourne à l’exaspération et que l’état dramatique de la France recommande sur le champ des changements en profondeur et non des rafistolages comme la désignation d’un nouveau chef de gouvernement qui ne va tromper personne et dont les conséquences risquent d’être sans effets sur une aussi courte période !

 

C’est la classe politique dans son ensemble, sans exception aucune, qui sort profondément affectée de ce rejet du Traité constitutionnel. Ce non est une nouvelle sonnette d’alarme que viennent de tirer les Français. Toutes les personnalités politiques doivent impérativement et sans plus tarder renouveler la façon de conduire les affaires de la et de faire la politique, ils doivent plus que tout, mener une réflexion d’envergure sur « l’idée » même qu’ils se font de la . Sans cette réflexion collective sur la nation France, son identité, ses valeurs, ses principes, sa place et son rôle à venir en Europe et dans le monde, alors il y a fort à parier que la classe politique creusera sa propre tombe en déclenchant aux prochaines présidentielles, le troisième acte d’une pièce tragique commencée le 21 Avril 2002. Un dénouement qui risquerait d’avoir des conséquences encore plus dramatiques que les précédents si aucun signe à la hauteur de l’enjeu ne vient de nos dirigeants. Notre classe politique doit avoir conscience qu’elle est en sursis et qu’à force de jouer avec le feu, on finit toujours par se brûler…

Par rossard
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Mardi 1 novembre 2005

Les propositions de la droite pour faire baisser le chômage
De vieilles recettes démagogiques et inefficaces

 

Stupéfiant. Tel est l’adjectif qui vient tout de suite à l’esprit en entendant les propositions de Jean-Louis Debré et d’autres membres de l’actuelle majorité pour relancer l’économie française et faire baisser le chômage. Ainsi, le Président de l'Assemblée nationale et, en particulier, le président de la commission des Affaires économiques de l'Assemblée, l’UMP Patrick Ollier, réclament davantage d'emplois aidés et le développement d'un programme de grands travaux publics ! Stupéfiant. A double titre. D’une part parce que ces propositions émanent de personnalités soi-disant de droite alors que les libéraux sont naturellement portés à mener une politique de l’offre. En d’autres termes, à mettre en œuvre les mesures et créer les conditions d’un environnement favorable à l’investissement. Donc à la production et par ricochet à l’emploi. Jean-Louis Debré et Patrick Ollier misent au contraire sur une politique de stimulation de la demande, certes indispensable mais très insuffisante pour améliorer la situation du marché du travail comme les faits l’ont démontré. D’autre part, chacun sait que ces mesures ont des effets limités dans le temps. Sur le long terme, elles ne règlent rien à la situation. En général, c’est même un retour à la case départ, sans gain significatif d’emplois ! Ce sont donc, comme l’a rappelé le rapporteur du budget au Sénat, l’UMP Philippe Marini, des "succédanés d'emplois" avant d’ajouter fort à propos que "si la dépense publique était une solution, la France devrait avoir le chômage le plus faible d'Europe". Des politiques qui ont fait la preuve, au cours de ces trente dernières années, de leur inopérance.

Ces propositions montrent tout le désarroi de la classe politique face à son impuissance à résoudre le problème du chômage dans notre pays. Une situation qui constitue de plus une véritable bombe à retardement sociale si la situation devait empirer. La France se paupérise, c’est une réalité. Mais, ce n’est pas en s’y prenant de la sorte que le gouvernement réussira à enrayer la tendance. Le mal dont souffre la France est d’abord structurel. Toutes les politiques ont échoué à ce jour car jamais il n’y a eu de réflexion de fond, et donc encore moins d’actions menées pour démanteler les obstacles structurels qui interdisent tout retour à une croissance à la fois de longue durée et créatrice d’emplois. Ces freins sont en fait tellement profonds que la croissance seule ne suffit plus à créer de l’emploi comme on l’a vu en 2004. Encore faut-il qu’elle soit soutenue. Autrement dit, qu’elle atteigne au minimum 2% ! Décidément, la classe politique continue à se fourvoyer. Elle préfère mener des politiques démagogiques pour plaire aux électeurs au lieu de choisir le parler vrai et d’agir en conséquence. Voilà trente ans que cela dure dans notre pays. On continue appliquer des rustines sur des voies d’eau ! D’où trente ans de crise. Entendre de tels propos dans la bouche de responsables politiques de si haut niveau, est révoltant.

Par ailleurs, il est à souligner que ce sont ces mêmes personnalités qui louaient il y a encore peu, la construction européenne et la nécessité de voter oui à la Constitution et, qui, maintenant, de peur de perdre leur siège au prochaines élections, proposent, sans scrupules, une politique qui met en porte à faux la France avec l’Europe et ses contraintes, en l’occurrence, le Pacte de stabilité. En effet, qui dit emplois aidés et grands travaux, dit relance de la dépense publique. Donc hausse du déficit du budget de l’Etat au-delà des fameux 3% du PIB acceptés par l’Union et déjà atteints... A ce sujet, un commissaire européen a fait part de ses inquiétudes sur ces dérapages des finances publiques, non seulement en France mais aussi en Italie, au Portugal et en Grèce. Une comparaison guère flatteuse pour notre pays. Pour la France, ce même commissaire table sur un déficit de 4% pour 2005 ! Que notre élite politique ne s’étonne pas dans ces conditions que les Français rejettent massivement cette Europe si eux-mêmes sont les premiers à ne pas respecter les règles du jeu ou à s’en accommoder en fonction des circonstances et de leurs intérêts.

Par rossard
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