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Mardi 1 novembre 2005 2 01 /11 /Nov /2005 00:00

Les élections en Irak vues d'Occident
Où sont nos démocrates ?

 

Dans un article publié dans le quotidien anglais The Guardian en date du 24 janvier 2005, William Shawcross cite un extrait d’un discours donné par Tony Blair à Bagdad : « D’un côté, il y a les gens qui souhaitent désespérément que le processus démocratique fonctionne, qui aspirent aux mêmes libertés dont jouissent d’autres peuples dans le monde. Et de l’autre, des personnes qui tuent, intimident et essaient de ruiner ce nouveau futur en marche . Notre réponse devrait être d’assister étroitement les démocrates de ce pays ». William Shawcross poursuit ainsi : « Blair a absolument raison. Il est choquant de voir si peu de gouvernements démocratiques soutenir le peuple irakien. Où sont les protestations des Français, des Allemands et des Espagnols contre les horreurs infligées aux électeurs irakiens ? C’est aussi choquant de voir qu’à travers le monde, il n’y a pas plus d’admiration, d’aide et de soutien moral au peuple irakien. Pourtant le choix est clair : soit plus de démocratie, soit un nouveau nihilisme qui s’apparente au fascisme - au fascisme islamique. »

L’indignation de William Shawcross est parfaitement justifiée. Peu de voix dans notre pays s’élèvent pour soutenir le peuple irakien dans ce combat déterminant et décisif pour le devenir de leur pays. A croire que le froid extrême qui sévit en Europe les rend aphones. Pourtant, comme ils étaient prolixes en critiques au moment du déclenchement de la guerre. L’absence de déplacements de hautes personnalités d’Europe en Irak est encore plus choquante. Bref, elles se bornent à un soutien timide et lointain. Pourquoi ? Beaucoup en sont restés encore au stade de l’interrogation sur la légitimité ou non de la guerre en Irak. Or, nos responsables politiques doivent évoluer. Et passer impérativement au second stade de ce dossier international de la plus haute importance : gérer l’après-guerre. La guerre a été faite. C’est vain et en même temps une scandaleuse perte de temps d’y revenir.

L’heure est désormais à
celle d’un peuple qui aspire à retrouver le calme, la paix civile et à reprendre le cours d’une vie aussi normale qu’elle peut l’être. Retourner au travail pour les adultes, reprendre l’école pour les enfants dans un environnement sécurisé. Ce n’est pas en remâchant continuellement ses critiques, son amertume voire sa haine de Bush et de son équipe que la situation progressera sur le terrain. D’ailleurs, les Irakiens l’ont bien compris. La majorité d’entre d’eux est tournée vers le futur. Car dans leur tête qui dit élection, dit départ des troupes américaines et retour donc de leur propre souveraineté. Même si ce scénario au vu de l’état actuel de la situtation irakienne reste une utopie. La guerre appartient en grande partie au passé. En grande partie seulement car tant que des attentats rythmeront la vie quotidienne des Irakiens et que des groupes de terroristes conserveront cette capacité de détruire, de tuer, la guerre ne sera pas totalement achevée. D’ailleurs, le sera-t-elle un jour ? On peut s’interroger. Cependant, là n’est pas le sujet.

Au jour d’aujourd’hui et à quelques heures du scrutin, il est d’une part, en notre pouvoir de tout faire pour que ces élections soient un triomphe de la démocratie. La consécration d’un nouveau départ pour l’Irak. Et d’autre part, de notre détermination et de notre « volonté politique » à mobiliser toutes les ressources et toutes les énergies, dépendent le lancement de manière irréversible de l’Irak sur le chemin du progrès social, de la modernité politique et du développement économique. Là réside tout l’enjeu du soutien et de l’intensité de celui-ci manifestés par les responsables politiques et démocrates. Si l’Irak échoue, ce ne sera pas l’échec des Etats-Unis seuls. Ce serait trop facile et simpliste. Mais la communauté internationale en portera aussi la responsabilité. C’est à croire que nos gouvernements démocratiques - au mieux par leur retrait ou au pire par leur absence - font payer aux Irakiens leur rancœur vis à vis de Bush.

 

 

Par rossard - Publié dans : danslevif
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Mardi 1 novembre 2005 2 01 /11 /Nov /2005 00:00

la mauvaise reponse de N.Sarkozy a un vrai probleme de societe

Monsieur Sarkozy se préoccupe, fort légitimement , de la place de l’islam dans notre pays. Notamment afin de contenir l’intégrisme qui agit dans certains milieux islamiques présents en , et qui à la longue pourrait représenter une menace sérieuse pour la cohésion de la société. Ainsi, Nicolas Sarkozy s’interroge, ni plus ni moins, sur la validité de la fameuse et sacro-sainte loi de 1905 établissant la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Le fondement même de notre laïcité. Elle-même un des piliers fondamentaux de notre République. Une avancée politique et sociale majeure au cours du siècle dernier. Elle a en effet contribué à définir clairement et solidement les relations entre pouvoir spirituel et pouvoir temporel. Or, quand on sait les atrocités auxquelles cette collusion a conduit par le passé, on ne peut que se féliciter de cette loi. Et par-delà, la loi de 1905 a contribué à enraciner solidement et durablement notre République dans la modernité. Pour parler plus clairement car tel est un des enjeux du sujet, cette remise en cause aboutirait au financement de la construction des mosquées par les deniers publics. Donc par le contribuable. Financement, actuellement, assuré par les Etats arabes ou organisations religieuses aux prétentions, il faut le reconnaître, parfois douteuses. Le but, comme aiment à le dire nos hommes politiques, est de « bâtir un islam français ». Encore une de ces exceptions dont notre pays a le secret.

Cette idée avancée par Monsieur Sarkozy est une mauvaise réponse à un vrai problème de société. A croire qu’avec l’argent, seul, on peut tout régler. Même tout acheter. Autrement dit, en l’occurrence, la tolérance. Pure chimère. C’est se mettre une sacrée poutre dans l’œil. Au passage, on notera que c’est exactement le même raisonnement qui est à l’œuvre pour résoudre les maux qui frappent durement l’Afrique. Et qui a montré toute son inefficacité.

Les réponses à apporter à ce problème d’une grande acuité, sont d’une toute autre nature. On peut en dénombrer quatre :
- La première est de redonner à l’éducation toute sa place dans l’apprentissage de la tolérance. Car cette dernière s’apprend d’abord sur les bancs de l’école. C’est une des missions principales de l’éducation : favoriser un esprit d’ouverture, susciter la curiosité, élargir la vision… autant d’éléments qui forment le creuset du respect. Respect de la différence. Qu’elle soit de pensée, de culture, de savoirs…. Car la différence est avant tout un vecteur d’enrichissement. Et non d’affrontement à partir du moment où l’éducation a rempli efficacement son rôle. Telle est la question de nos jours : notre système éducatif joue-t-il encore efficacement ce rôle ? On peut en douter sérieusement quand on voit la crise qui l’affecte et la difficulté croissante de nos enseignants à exercer leur métier dans des conditions décentes. A la fois en raison d’une autorité de plus en plus (ouvertement) bafouée mais aussi à des conditions matérielles pas toujours à la hauteur d’une nation démocratique de notre rang au début du XXIème siècle.

- La seconde réponse concerne notre politique d’immigration économique. Et à son pendant, notre politique d’aide internationale au développement économique et social. Autrement dit, sont en question les moyens et objectifs que l’on se fixe. Or ces derniers sont-ils adaptés aux situations ? Et surtout, qu’en est-il de leur efficacité ? C’est ici que le bât blesse. On continue à se focaliser sur les montants donnés. Mais rarement on se préoccupe de l’autre versant : l’efficacité des espèces sonnantes et trébuchantes versées. En d’autres termes, cette aide contribue-t-elle réellement à améliorer le sort des populations visées ? C’est une question fondamentale. En effet, il y a un lien direct de cause à effet entre l’accroissement de la pauvreté et l’expansion de l’intégrisme islamique. Non seulement en mais aussi dans le monde. Pour couper l’herbe sous le pieds des fondamentalistes, il faut d’abord lutter contre la misère. C’est même la clé de la réussite dans notre combat contre l’intégrisme. Faire régresser la misère, c’est priver progressivement l’intégrisme religieux de sa base de recrutement. Mais encore faut-il le faire avec intelligence. J’entends par-là : distribuer de l’argent est nécessaire, mais, largement insuffisant ! Car ne pas se soucier de la façon dont il est utilisé (et par qui), revient à appliquer du mercurochrome sur une jambe de bois. Donc, le malaise qui frappe notre pays vis à vis de l’islam trouve ses racines bien au-delà de nos frontières.

- Qui dit immigration, implique naturellement intégration. Notre politique en la matière est loin d’être un modèle du genre. L’améliorer fait partie des domaines d’action où l’Etat doit porter tous ses efforts. Il a commencé mais le chemin est encore long. Car l’Etat doit rattraper de nombreuses années perdues en peu de temps. Une spécialité française : agir a posteriori au lieu d’anticiper. Une intégration qui bien souvent a pris des airs d’exclusion. Notamment en créant des quartiers désormais devenus des getthos, des zones de non-droit où la police se fait recevoir à coup de jets de pierre. Or, le feu, contrairement à ce que l’on dit est loin d’être circonscrit. Il ne fait que s’étendre. C’est dans ces quartiers que l’autorité publique doit encore plus concentrer ses efforts afin d’être plus présente pour justement rétablir son autorité.

- Enfin, ce malaise vis à vis de l’islam, est étroitement lié au modèle culturel à l’œuvre aujourd’hui. Un modèle qui conduit, insidieusement, à une perte de repères et une inversion des valeurs que dénonce fort justement Nicolas Sarkozy. Seul compte désormais la réussite « médiatique » ou « financière ». L’hyper-individualisme joue à plein. Où sont en effet les exemples de réussite collective ? Inexistant, exception faite dans le sport et encore, limité au football. Une réussite individuelle érigée en modèle à suivre et dont seul la fin compte pour y arriver. En d’autres termes, pourvu qu’on est l’ivresse, peu importe le flacon. Exit, en effet, dans ce modèle de réussite véhiculé, les référents spirituels. Or, il faut reconnaître que sur ce point Nicolas Sarkozy tend à redonner aux jeunes, une stabilité qui leur fait cruellement défaut. A condition bien sûr, que cette sensibilisation aux questions religieuses se fasse de façon éclairée ! Une perte de repères qui, inévitablement, débouche sur un désoeuvrement, porte en elle les germes des extrêmes. Extrême dans la violence, la déchéance, la perte de confiance… C’est pourquoi, une des solutions passe par une révision collective, autrement dit, une mobilisation générale et une réflexion de fond sur les valeurs adressées aux jeunes et au public en général. Nous devons marcher de nouveau la tête à l’endroit. Il faut impérativement renverser la vapeur. Nous sommes en ce domaine sur une pente très déclinante.

Bien sur, imposible de traiter ce thème sans parler du christianisme en Europe . Or, l’Europe est profondemment chrétienne. Un héritage indiscutable. C’est même un des rares dénominateurs communs à l’ensemble des pays qui composent l’Union Européenne. Culturellement parlant, l’islam ne fait pas partie de notre aire. Historiquement, il en va autrement quand on pense aux cinq cents ans d’occupation de l’Espagne et, plus récemment, à l’Empire ottoman qui dominait une grande partie de l’Europe des Balkans avant de s’effondrer au lendemain de la première guerre mondiale. C’est pourquoi, dans la psychologie des peuples européens, il y a un blocage collectif. C’est une réalité bien tangible. Et encore plus maintenant avec cette peur sourde. Une peur légitimée par les attentats du 11 septembre 2001 et bien d’autres très meurtriers depuis. Les peuples d’Europe sur ce sujet ont les nerfs à vif. Avec une telle proposition, il est à craindre que Nicolas Sarkozy braque un petit peu plus l’opinion publique. Voire lui agace les dents. C’est une donne dont il faut tenir compte. Passer outre, ou l’ignorer c’est aller droit dans le mur. Car c’est s’aliéner l’opinion publique d’aujourd’hui. Or, ce n’est dans l’intérêt de personne.

Vouloir faire progesser la société, tenter de la mettre au diapason de son époque est louable. Mais, Nicolas Sarkozy s’est saisi du sujet sur la laïcité avec le mauvais côté du manche. Son idée n’est ni audacieuse, ni avant-gardiste, comme certains l’ont écrit, mais, intempestive, nocive, hypocrite et surréaliste. Intempestive car elle surgit à un moment où il y a une confusion croissante entre pouvoir temporel et spirituel dans de nombreux pays. C’est rajouter inutilement à la confusion ambiante, à l’ambiguïté qui mine nombre de pays. Une ambiguïté de plus dont n’a absolumment pas besoin notre pays, déjà brouillon et en perte de repères dans de nombreux domaines. Le rapport entre religion et Etat, est un des rares domaines, grâce à cette fameuse loi de 1905 où notre pays ne souffre d’aucune ambiguîté.

Nocive car elle ouvre la boîte de Pandore. L’islam aujourd’hui. Et demain pourquoi pas le catholicisme, le bouddhisme…. C’est donc provoquer une série en chaîne de revendications sans fin. Sur quel critère refuser une religion au profit d’une autre ? L’Etat ne peut en effet apporter sa contribution à une religion à l’exclusion des autres. Pas de discrimination. Si c’était le cas, ce serait insidieusement donner naissance à une religion d’Etat. Nocive aussi car c’est laisser à la discrétion de ceux qui nous gouvernent le choix de ses financements. Rien n’empêche donc un « favoritisme » fruit d’une pratique ou d’une croyance des dirigeants. La tentation pourrait être grande. Comment se protéger de ces prétentions voire ambitions religieuses au niveau du pouvoir ? Comment l’en empêcher si ce n’est en séparant pouvoir temporel et pouvoir spirituel. Pour ces raisons, la remise en cause de la laïcité serait un véritable retour au Moyen-Age !

Hypocrite car Nicolas Sarkozy comme tous les hommes politiques sait qu’en abordant ce sujet « chaud », il marche sur des œufs. D’où cette attaque de biais. Et non frontale. Car derrière ce débat, il y a une question qui brûle toutes les lèvres mais que nul n’ose poser tout haut, de peur des conséquences qu’elle peut entraîner : Pourquoi ce qui a marché avec le catholicisme, le protestantisme, le bouddhisme… depuis cent ans ne fonctionne pas subitement avec la religion musulmane ? Pourquoi au nom d’une religion faut-il changer la loi, le cadre de la République ? C’est ansi que l’unicité de la République devient l’exception et non la règle, et son indivisibilité, un régime de particularismes à la longue ingouvernable. Et donc potentiellement destructeur.

Enfin, surréaliste, car plus prosaïquement, où l’Etat va-t-il trouver les fonds nécessaires alors qu’il est confronté à une dette colossale et un déficit budgétaire abyssal ? Certes, on pourra critiquer cette approche matérialiste sur un sujet hautement spirituel. Mais la question se pose inévitablement. A moins que Nicolas Sarkozy ne trouve l’argent par une opération du Saint-Esprit. Il y a de quoi en douter très sérieusement. Car si les miracles existaient en matière de finances publiques, voilà trente ans que l’Etat français se porterait nettement mieux ! Mais tel n’est pas le cas.

C’est se leurrer de croire qu’on réglera le problème de l’islam en grâce à la « politique du guichet ». Penser de la sorte (et pire agir en ce sens), c’est témoigner d’un terrible aveu d’impuissance. Un aveu d’échec. Une défaite inquiétante de la laïcité devant le religieux. Un Munich républicain aux repercussions incalculables ! L’argent est la solution de la facilité. Et après ? C’est avant tout un problème aux racines plus profondes. Et multiples comme on l’a vu. Mettre la main au pot ne résoudra rien. Les mauvaises racines seront toujours là. Il est donc regrettable de voir que Nicolas Sarkozy aborde ce sujet en homme aveuglé par sa foi et non en homme politique éclairé par sa raison.

Par rossard - Publié dans : danslevif
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