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Mardi 1 novembre 2005

La nouvelle politique de l’immigration
La révolution de l’immigration choisie


C’est un tournant dans la politique de l’immigration, voire une petite révolution qui se met en place sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy. Certes, tous les tabous n’ont pas été encore levés. Ainsi, le mot « quota » a été soigneusement évité. Est-ce dans le but de ne pas s’attirer les foudres des intellectuels et de la gauche bien pensante ? Pour ne pas heurter la tradition « humaniste » française  ? Sans doute. Mais pourquoi l’éluder ? Cette prudence est toujours aussi surprenante... Ce qui est parfaitement admis en économie pour protéger nos entreprises, et qui est même encouragé puisque la mise en place de quotas est en passe de devenir une mesure phare des politiques commerciales, on se l’interdit sur le marché du travail. Difficile à saisir. Il est pourtant nécessaire de faire correspondre notre immigration à nos besoins économiques. Comme il est tout aussi nécessaire de mettre en rapport les formations de nos étudiants avec les besoins des entreprises. C’est une des solutions pour ramener le marché du travail proche du plein-emploi. Sinon à quoi bon prendre de telles mesures ?

 

En tout cas, Nicolas Sarkozy parle sans langue de bois et de façon franche de la question, il s’attaque frontalement aux principaux problèmes qui gangrenaient jusqu’à présent ce domaine d’action politique. Enfin ! Car il y avait urgence. La situation devenait inacceptable. Depuis la fameuse phrase de Michel Rocard prononcée en 1991, « on ne pas accueillir toute la misère du monde », il s’est passé beaucoup de temps. Trop de temps. Certes il est louable de vouloir recevoir des immigrés, en particulier les personnes en grande difficulté dans leur pays d’origine, mais c’est encore mieux d’être en mesure d’assumer son statut de pays d’accueil, autrement dit, d’offrir à ces mêmes personnes, une fois sur notre territoire, des conditions de vie décentes. Or, c’est de moins en moins le cas. Preuve en est ces derniers mois, ces scandales à répétition de familles logées dans des conditions indignes mais à très grand frais dans un pays qui revendique pourtant la paternité des droits de l’homme. Le pire est que l’Etat y participe indirectement en payant les loyers de ces hôtels misérables ! Pendant combien de temps encore de telles aberrations peuvent-elles subsister ?

Ainsi entendre le ministre de l’Intérieur affirmer que « nous devons attirer des travailleurs qualifiés, des créateurs d'entreprises, des chercheurs, des professeurs d'université, par un système de points à la canadienne », sonne comme une véritable rupture en la matière ! C’était impensable il y a encore à peine cinq ans. Il ne reste plus qu’à traduire ces excellentes intentions dans les actes. Il y a encore peu, de tels propos auraient déclenché une levée de boucliers, une mobilisation de masse dans les rues de la part du « peuple de gauche ». Or, aujourd’hui, c’est le silence. Les réactions sont timides. Pourquoi ? Parce que le climat social comme l’état d’esprit collectif, ont profondément changé dans le pays. Si la gauche avait moralement raison, elle a désormais politiquement tort sur ce sujet car elle n’est plus soutenue par la majorité des Français.

 

Autre motif de satisfaction : pour lutter contre l'immigration illégale, Nicolas Sarkozy s’est fixé pour objectif d'augmenter de 50% les reconduites à la frontière de clandestins pour la seule année 2005. Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a affirmé qu’il voulait « mettre un terme dès 2005 aux détournements de procédure, aux mariages blancs, à l'aide médicale d'Etat », il entend ainsi être « plus rigoureux sur l'appréciation des conditions de revenus, de logement, d'intégration préalables au regroupement familial ». Autant d’initiatives à saluer. C’est à se demander si nous sommes toujours en et si ces propos ont bien été tenus par un de ses ministres !

 

Compte tenu de la situation intérieure, la se devait de se doter d’une nouvelle politique de l’immigration. Notre pays doit, en effet, « choisir » son immigration et, surtout, lutter avec la plus grande efficacité contre l’immigration clandestine et illégale. Il faut faire preuve en la matière de fermeté. Fermeté pour dissuader celles et ceux qui seraient tentés de venir sur notre territoire. Et non pas « créer un appel d’air » comme l’avait justement commenté Dominique de Villepin à propos de la décision isolée du gouvernement espagnol socialiste de régulariser la situation de 700 000 immigrés clandestins. De nombreux abus ont également été commis ces dernières années. Et là aussi la situation recommandait la fermeté. Il ne s’agit pas, comme l’ont prétendu pendant trop longtemps les socialistes, d’une politique allant à l’encontre de la tradition humaniste de la mais de faire preuve de pragmatisme dans un contexte social tendu. Bien entendu, cette politique ne réussira qu’à la condition que la France prenne ses responsabilités sur le plan international, et à condition qu'elle respecte ses engagements dans le domaine de l’aide au développement économique et, son pendant, le progrès social. Car la misère et la pauvreté sont les mères nourricières de ces milliers de tentatives désespérées pour rejoindre chaque année, des terres qui sont la promesse d’une vie meilleure. Or, cette promesse, nos pays sont de moins en moins en mesure de la tenir à cause d’une mauvaise conjoncture économique et d’un climat social dégradé. Une telle politique implique deux actions : d’une part, de la pédagogie et de l’honnêteté de la part de nos dirigeants à l’égard de ces peuples. En d’autres termes, il faut leur faire clairement comprendre qu’ils n’auront rien à gagner en débarquant sur nos rives. C’est peut-être révoltant, d’un point de vue humain mais c’est la réalité du moment qui l’exige. D’autre part, il faut contrôler de manière très stricte, la bonne utilisation des aides au développement. Trop d’argent a été jusqu’à présent détourné de son but initial. Sans ce contrôle, il ne sert à rien de continuer à ouvrir largement les vannes de l’aide financière si cette dernière ne va pas à celles et ceux qui en ont besoin. Les pays occidentaux doivent avoir enfin le courage de sanctionner les dirigeants qui se rendent coupables de mauvaise gouvernance. Il faut en finir avec cette indulgence scandaleuse avec les dirigeants qui détournent l’aide à leur profit. Car c’est non seulement se rendre tacitement complice de ces régimes mais c’est en dernier ressort, contribuer à cet afflux massif d’immigrants. Un effet boomerang dont nous sommes les premiers coupables par notre irresponsabilité !

Par rossard
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Mardi 1 novembre 2005

Le PS favorable à une hausse des impôts
Le retour de la « gauche dépense »


C’est un « grand bond en arrière » que s’apprête à accomplir le Parti socialiste. En effet, selon Le Figaro du 26 juillet dernier, le PS serait favorable à une hausse des impôts dans les différents textes préparatoires de leur congrès de novembre ! Raisons avancées : la défense des services publics et l’amélioration des finances de l’Etat. Le Parti socialiste renouerait ainsi avec son péché mignon : la dépense publique. « Chassez le naturel, il revient au galop » surtout quand il s’agit de reconquérir un électorat inquiet du désengagement de l’Etat dans les entreprises publiques et des réformes de la Sécurité sociale. Un électorat attiré par les sirènes des extrêmes qui font dans la surenchère sociale et qui contraignent à son tour le PS à faire dans la démagogie. Fait encore plus inquiétant : cette fois, la hausse des impôts, qui avait divisé la gauche sous Lionel Jospin, rassemblerait l’ensemble des leaders du PS ! Si cette mesure présentée comme la solution au maux économiques et sociaux de la France était confirmée, elle marquerait un inquiétant retour de la « gauche dépense » au détriment d’une gauche pragmatique et moderne. Le PS s’éloignerait plus que jamais des positions prises par ses homologues du Parti travailliste en Grande-Bretagne et du Parti Socialiste espagnol qui en la matière, ont abandonné cette voie.


Une des raisons invoquées pour justifier cette hausse de la fiscalité directe est donc la détérioration des finances publiques. La bonne blague ! Si c’était la solution miracle, voilà trente ans que la
afficherait des résultats exemplaires en matière de gestion des finances publiques étant donné que les impôts et, plus généralement, les prélèvements obligatoires sont en constante augmentation ! Il n’y a donc aucun lien entre une hausse des impôts et une amélioration des comptes de la nation. Pourquoi ? Parce que les causes de la détérioration des finances publiques sont à chercher du côté du train de vie de l’Etat et des collectivités locales qui se soucient aucunement de l’efficacité des sommes dépensées. Le Parti socialiste continue d’avoir une approche quantitative et non qualitative de la dépense publique... A cela il faut ajouter les gaspillages, erreurs de gestion et autres avantages non justifiés octroyés à telle ou telle corporation qui aggravent les déficits des comptes publics. Autant de dépenses « abracadabrantesques » dénoncées chaque année par la Cour des Comptes mais sans effets sur les organismes et projets visés (lire notre article). Résultat, les dépenses publiques croissent plus vite que la richesse créée et sont ainsi passées en quinze ans de 47% à 54% du PIB ! Dans le même temps, la dette de la a bondi de 20% du PIB à plus de 60% ! Ainsi, la charge de la dette absorberait à elle-seule l'équivalent de l'impôt sur le revenu en 2006 ! En 2004, son montant avoisinait déjà les 47 milliards d'euros par an contre 55 milliards de recettes pour cet impôt destiné en principe à financer les services (éducation, justice, police..) et les investissements collectifs (transports, infrastructures…). La est un des pays au monde qui supporte les plus lourds prélèvements obligatoires. Le poids de la fiscalité est d’ailleurs considéré au niveau international comme un handicap sérieux à la compétitivité et à l’attractivité de la . C’est donc un frein à la création de richesses et en conséquence à la création d’emplois. Une logique économique qui de toute évidence échappe au Parti socialiste.

Quant au thème de la défense des services publics, il fait tout autant sourire. En dépit d’une augmentation constante de la dépense publique, avons-nous assisté à une amélioration des services publics ? A l’évidence, non. La question de leur efficacité, n’est pas de nature financière mais se pose en termes de gestion - pendant longtemps l’Etat n’a pas exercé ou mal exercé son autorité de tutelle – et de marché : surendetté, l’Etat n’a plus les moyens de ses ambitions, il doit restreindre son champ d’intervention, se concentrer sur ses missions régaliennes et privatiser là ou le monopole public ne se justifie pas ou plus. La mise en concurrence des entreprises publiques a généralement des effets positifs sur l’économie française à l’instar du secteur des télécommunications. Il y a tout à craindre que derrière ce discours sur la défense des services publics, se cache une volonté plus insidieuse d’une re-nationalisation rampante d’entreprises privatisées et considérées comme faisant partie du patrimoine de la
. Ce serait une erreur tragique pour la survie à long terme de ces entreprises dans un contexte mondial de vive concurrence et de course à la taille critique où l’Etat actionnaire fait figure d’anomalie.

En ressortant de son chapeau idéologique la hausse des impôts comme pilier de la politique économique et sociale, le Parti socialiste trahit une lecture dépassée de la société fondée sur la lutte des classes. Or, les difficultés des Français transcendent les classes professionnelles et sociales. Ainsi, le poids excessif des impôts est un problème national, commun aux ouvriers et aux cadres. En brandissant la hausse des impôts, le PS laisse également croire que la majorité des Français jouiraient d’un haut niveau de vie et vivraient au-dessus de leurs moyens. Or 70% des Français gagnent moins de 1800 euros par mois ! A partir de quand sommes-nous considérés comme « riches » ? Et par rapport à qui et à quoi ? Est-ce une plaie ? Une tare ? C’est oublier que la plupart de ces Français aisés ont fait des études supérieures, travaillent au-delà des 35 heures légales, ont des responsabilités et une obligation de résultats, c’est oublier qu’ils méritent leur salaire. De plus, ces Français ont comme les autres, l’objectif d’offrir des conditions de vie confortables à leur famille. Où est le mal ? Nos hommes politiques ne poursuivent-ils pas le même but ? Et les ministres, parlementaires et autres présidents de région qui reçoivent un traitement bien au-dessus de la moyenne, se considèrent-ils pour autant riches ? Trop riches ? Au lieu de reporter la charge de leurs erreurs passées sur les citoyens, pourquoi nos hommes politiques ne créent-ils pas un système qui sanctionnerait les mauvais gestionnaires sur le principe du gaspilleur-payeur  ? Car vouloir augmenter les impôts, c’est renvoyer la responsabilité de cette longue dérive des finances publiques sur les contribuables. Or, les premiers responsables sont les différents partis qui se sont succédés au pouvoir et les hauts fonctionnaires qui ont la mainmise sur les services de l’Etat. C’est passer par pertes et profits les fautes et faiblesses de nos gouvernants. On pouvait s’attendre à un mea culpa de la classe politique. Mais, non. le Parti socialiste au premier chef, n’a pas entendu le ras le bol de Français qui ne veulent plus payer les pots cassés. La gauche traite d’abord l’électeur comme un contribuable avant de lui parler en citoyen. Or les Français ne rentrent plus dans le jeu politique, ils veulent comprendre la finalité des politiques conduites comme l’atteste leur participation exceptionnelle au débat sur le Traité constitutionnel européen.

Confronté à un éparpillement des voix à gauche, le Parti socialiste est donc prêt à tout pour ramener l’électorat populaire dans son giron y compris par une radicalisation idéologique de sa politique, un retour en arrière pourtant intenable devant la réalité économique. Intenable car une telle position conduirait la France droit dans le mur à l’instar des 35 heures ou de la politique menée en 1981 qui s’est traduite par un retour de bâton sévère pour les Français avec la politique de rigueur mise en place en 1983 ; et pour la gauche qui a dû renoncer à l’essentiel de ses promesses. Des fiascos retentissants dus à un aveuglement idéologique qui ne frappe plus depuis longtemps les partis socialistes européens. Ainsi, Tony Blair a déclaré lors de son discours à l’Assemblée nationale qu’« il n’y a plus de politique de gauche ou de droite mais seulement des politiques qui marchent et des politiques qui ne marchent pas ». Le New labour du Premier ministre britannique et le Parti socialiste français évoluant sur deux planètes différentes, il n’est pas étonnant que ce dernier n‘ait pas entendu le message. Une surdité dont la
pourrait payer un lourd tribut en cas de retour au pouvoir de la gauche.

Par rossard
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Jeudi 3 novembre 2005

La catastrophe humanitaire au
L’impunité d’un régime raciste et criminal

Privés d’eau courante, d’électricité ou même de toit, tel est le terrifiant quotidien de centaines de milliers de Zimbabwéens. Aujourd’hui, c’est plus de 70% de la population qui est au chômage et un tiers qui souffre de malnutrition, soit 3 millions de personnes sur 12 millions d’habitants environ. Les Zimbabwéens vivent un véritable enfer, oublié de tous, car il se déroule à l’abri du regard du monde faute de caméras : son président dictateur, Robert Mugabe a pris bien soin d’exclure les médias étrangers du pays et de mettre sous sa coupe les médias nationaux. Il y a encore peu celui-ci prétendait que le pays pouvait subvenir à ses besoins alimentaires ! Or, la réalité est tout autre. Acculé par l’ampleur du drame humain en cours, Mugabe vient d’accepter « l'aide des Nations unies si elle est uniquement à caractère humanitaire et non assortie de conditions politiques », rapporte l’hebdomadaire sud-africain Mail & Guardian dans son édition du 1er juin dernier.

La terrible catastrophe qui s’est abattue sur ce pays, est la conséquence directe de la folie de son président. Car le a longtemps été un exemple dans la région : grâce à sa production agricole, et notamment au maïs, le pays était en effet considéré comme le « grenier » de l’Afrique Australe. Non seulement le subvenait à ses besoins alimentaires mais exportait une partie de sa production. Or, ce temps est révolu et les estomacs des Zimbabwéens sont désormais vides. Cette situation est directement liée à la décision de Robert Mugabe d’exproprier manu militari tous les fermiers blancs de leurs terres à partir de l’année 2000. Ces expropriations ont été dans certains cas violentes puisque plusieurs fermiers y ont trouvé la mort en défendant leur bien alors qu’il étaient pourtant zimbabwéens. Les exploitations étaient alors productives. Les fermes employaient des milliers de Zimbabwéens, elle leur permettaient ainsi de vivre décemment. Les Zimbabwéens ont cru en cette redistribution des terres. Ils ont cru qu’ils recouvreraient leurs droits sur leur terre natale et qu’ils pourraient s’enrichir. Un rêve vite brisé qui a rapidement tourné au cauchemar : en effet, cette redistribution des terres s’est faite essentiellement au profit des proches du président. La population a été littéralement spoliée. Et ces paysans, autrefois sans terre mais avec du travail, ont vu leur situation économique s’aggraver car ils se retrouvent sans emploi.

En plus d’avoir provoqué une catastrophe économique, Mugabe a récemment décidé la destruction systématique des « townships », nom donné aux bidonvilles, dans le cadre d’une opération baptisée « Rétablissement de l’ordre ». Après ceux d’Harare, capitale du Zimbabwe, cette opération s’est étendue à l’ensemble du pays. Officiellement, le but était d’éradiquer le crime et le marché noir. Officieusement, il s’agirait d’une opération punitive visant les opposants au régime et « la population urbaine qui a voté pour l'opposition lors des législatives du 31 mars » rapporte le New York Times. Un nettoyage à grande échelle et mené avec la brutalité qui caractérise le régime de Mugabe. Conséquence : des milliers de personnes se sont retrouvées, du jour au lendemain, sans abris après la destruction de leur habitation par un bulldozer. Elles ont été jetéees sur les routes ne sachant où aller. Selon des témoins et d'après la presse locale, le nombre de personnes arrêtées ou détenues atteindrait les 30 000 dans les grandes villes. Ces mêmes personnes ont pourtant voté lors des élections générales de mars dernier, en faveur du parti de Robert Mugabe. Des élections entachées d’irrégularités et de fraudes, et dénoncées par l’opposition. En vain. En ordonnant ces destructions, Mugabe vient pour la première fois de se mettre à dos une partie de ses électeurs. La colère gronde mais le pouvoir de Robert Mugabe est encore loin de trembler. Son régime de terreur fonctionne si bien qu’il le préserve de tout renversement par l’armée, à sa botte, ou par le peuple qui pense avant tout à se nourrir avant de nourrir des projets politiques.

Le plus inacceptable est le silence de la communauté internationale sur cette tragédie humaine en cours. Un silence synonyme d’indifférence. Certes, la Grande-Bretagne a élevé la voix et mis le Zimbabwe au banc des Nations en l’excluant notamment du Commonwealth. Mais depuis, il n’y a eu aucun écho de ce drame au sein des institutions internationales et européennes. C’est un sentiment d’indulgence vis-à-vis de Mugabe qui domine. Pourquoi cette absence de condamnation d’un régime dictatorial et raciste ? Pourquoi ce silence alors que Mugabe affame son propre peuple ? L’attitude de la communauté internationale soulève de nombreuses questions : en particulier, cette complaisance sourde et implicite à l’égard de la politique d’expropriation des fermiers blancs, serait-elle un avatar d’une culpabilisation intériorisée des anciennes puissances coloniales sur le « mal » fait à ces peuples ? Mais, ces puissances, oublieraient-elles que la force a été employée et a même causé des morts ? Oublieraient-elles que ces fermiers, avant d’être blancs, étaient de nationalité zimbabwéenne ? Ils devraient bénéficier des mêmes droits que les noirs, au lieu de cela, leurs droits sont violemment foulés aux pieds au nom de leur couleur de peau.

Il est temps de reconnaître que le régime de Mugabe n’est pas seulement une dictature mais un régime raciste. Alors que la communauté internationale a condamné sévèrement l’apartheid en Afrique du Sud, pourquoi n’en fait-elle pas autant avec le régime de Mugabe ? Pourquoi deux poids deux mesures ? C’est inacceptable. La communauté internationale doit réagir, vite, et décider des actions qui s’imposent afin de faire tomber au plus vite ce régime raciste. Il y a fort à craindre que la communauté internationale se réveille trop tard, une fois que la famine aura emporté des centaines de milliers de vie, et conduit une grande partie de la population au désespoir à prendre les armes. Le pourrait alors basculer dans la guerre civile. D’un pays exemplaire en termes de cohabitation entre blancs et noirs et de relative prospérité économique dans la région, Mugabe a conduit en l’espace de cinq ans, le Zimbabwe à un véritable désastre.

« Vous tenez entre vos mains le bijou de l’Afrique, et maintenant, prenez-en grand soin... dirent les présidents Samora Machel du Mozambique, et Julius Nyerere de Tanzanie, à M. Robert Mugabe le 18 avril 1980, jour de l’indépendance du Zimbabwe » rappelle l’auteur Britannique Doris Lessing dans un article publié en août 2003 dans Le Monde Diplomatique. Avant d’ajouter « Vingt-trois ans plus tard, le bijou est bien abîmé ». Combien de temps encore peut-on fermer les yeux ?

Par rossard
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Jeudi 3 novembre 2005

Dans cette affaire, la France mène un combat qui s’apparente à une « évangélisation fiscale » du monde. Autrement dit, elle tente d’exporter sa politique à laquelle elle est fidèle depuis trente ans : à un problème = une taxe ou un impôt. Une équation dont le monde entier peut apprécier le succès au regard de la conjoncture économique française !

Lors du sommet à l’ONU célébrant les soixante ans de l’organisation internationale, Dominique de Villepin a saisi cette tribune exceptionnelle pour ressortir la proposition française d'instituer une taxe sur les billets d'avion pour financer l'aide aux pays pauvres. Une proposition lancée par Jacques Chirac au dernier forum de Davos. L'idée de taxe sur les billets d'avion, consisterait à prélever sur chaque billet vendu sur les classes économiques une contribution d'un faible montant. Cet argent serait affecté en priorité à la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Une proposition qui a franchi une nouvelle étape mercredi aux Nations unies avec l'adoption d'une déclaration signée par 66 pays en faveur des "sources innovantes" de financement du développement. Dans cette déclaration, les pays signataires s'engagent à travailler ensemble pour "approfondir et développer" ce projet de "contribution de solidarité sur les billets d'avion", destinée à pallier l'insuffisance de l'aide publique au développement. Paris estime qu'une taxe de cinq dollars par billet en classe économique rapporterait 10 milliards d'euros par an si elle était mise en oeuvre dans le monde entier, soit un sixième de l'aide publique au développement. Trois pays, la France, le Chili et le Royaume-Uni se sont engagés à appliquer la taxe dès 2006.

Une proposition qui, d’une part, tombe mal car au même moment, les compagnies aériennes américaines Delta Air Lines, troisième compagnie des Etats-Unis et Northwest Airlines, quatrième des Etats-Unis se déclaraient en faillite ! D’où la franche hostilité de l’administration américaine face à cette proposition de taxe internationale.

Cette proposition, d’autre part, est une mauvaise nouvelle. A plusieurs titres.

D’abord, nos hommes politiques français sont décidément incorrigibles en matière de fiscalité publique. En effet, face à un problème - économique, social, humanitaire, environnemental, etc - leur réflexe premier est de créer une taxe et/ou impôt nouveau, ad hoc. A croire que la taxe et l’impôt sont les recettes miracles, voire la panacée. Or, il n’en n’est rien. Car dans ce cas, la France, qui se distingue par un des taux de prélèvements obligatoires les plus lourds parmi les pays industrialisés, afficherait une économie performante. Or, c’est tout le contraire. La France fait face à une économie anémiée. Et souffre durablement d’une croissance en panne. Comment donc expliquer cette « foi » de notre classe politique en cet instrument fiscal sur ces pseudo vertus sur l’économie ?

Ensuite, cette proposition montre toute la naïveté persistante de nos hommes politiques à croire en l’efficacité de ces aides destinées aux pays en voie de développement. Or, comme la réalité s’acharne à le démontrer avec cynisme, en dépit des milliards d’aides reçus au cours des trente dernières années, l’Afrique, en particulier, régresse au niveau économique et social ! Les trois-quarts de ces aides ont révélé par leur passé toute leur inefficacité faute de leur pertinence, autrement dit, de leur inadaptation aux besoins des populations auxquelles elles sont destinées et d’une évaluation sérieuse de leur résultat. En outre, la France privilégie toujours une approche quantitative, raisonne en volume alors que l’heure est dorénavant à une approche qualitative, autrement dit sélective de l’aide afin d’assurer sa meilleure adéquation possible avec les attentes des populations intéressées seul gage de sa réussite.

Par ailleurs, cette proposition de taxe ne peut qu’inquiéter les contribuables de tous les Etats, en particulier les français victimes d’un marteau fiscal excessivement lourd car il frappe cinq fois : au niveau national (Impôt sur le Revenu), municipal, départemental, intercommunal et régional ! A cela faut ajouter une imposition déguisée au niveau européen car chaque année l’Etat verse une contribution au budget européen. Voilà donc un nouveau niveau d’impôt : international ! La bonne nouvelle c’est qu’il sera difficile d’aller plus haut. Quoique, rien n’est moins sur, car l’imagination en la matière des technocrates, en particulier français, se montre d’une incroyable fertilité !

Aussi, et certainement le plus scandaleux, via cette proposition, c’est que les Etats reportent toute l’inefficience de leur politique d’aide publique menée au cours des trente dernières années et, surtout, leur incapacité à honorer leur engagement en la matière sur le secteur privé ! Ainsi, selon le dernier rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), les objectifs du millénaire sur l'éradication en 2015 de l'extrême pauvreté et de la faim dans le monde ne seront pas atteints si le niveau de l'aide reste ce qu'il est aujourd'hui ! Au secteur privé, déjà sollicité par le biais des taxes et impôts dont se nourrit copieusement l’action des Etats, de pallier aux déficiences de ces mêmes Etats ! Nos hommes politiques ne sont pas à une contradiction près ! Et dépourvus de tous scrupules !

Autre point dérangeant : cette taxe portera uniquement sur les billets de classe économique. Pourquoi exempter les billets des classes affaires ? Peut-être parce que ces mêmes hommes politiques les fréquentent ? Pourquoi donc cette approche discriminante ? Elle appelle des explications. Indiscutablement, faire porter la charge de cette taxe sur les plus modestes est une erreur.

Enfin, le tourisme est une des activités les plus florissantes à l’heure actuelle dans le monde en dépit des contrecoups terribles subis au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 et du déclenchement de la guerre en Afghanistan. Pourquoi pénaliser une industrie qui marche ? Autrement dit, qui crée de la richesse, et qui bien souvent, est un vecteur réel de développement local en termes de création d’emplois et d’élévation du niveau de vie grâce à une étroite implication des populations locales. Le tourisme responsable est désormais une réalité. Nombreux sont effet les Tours Opérateurs à s’investir au niveau local et à travailler de concert avec les populations. Des acteurs qui ont compris depuis longtemps les effets bénéfiques mutuels d’une telle coopération. Des projets souvent bien plus efficaces que ces aides données à tout va et sans suivi. Cette obstination à surtaxer les activités qui ont fait la démonstration de leur réussite est une approche typiquement française. Un vilain défaut de notre administration française.

Dans cette affaire, la France mène un combat qui s’apparente à une « évangélisation fiscale » du monde. Autrement dit, imposer ou tenter d’exporter sa politique à laquelle elle est fidèle depuis trente ans : à un problème = une taxe ou un impôt [dernière preuve en date : la menace d’une taxe exceptionnelle brandie par le ministre de l’Economie et des Finances pour convaincre les compagnies pétrolières de baisser le prix du carburant].Une équation dont le monde entier peut apprécier le succès au regard de la conjoncture économique française !

Par rossard
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